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Pierre Contant d'Ivry

Ivry-sur-seine, 1698 – Paris, 1777

 

Projet de vase monumental, vers 1760

 

Mine de plomb, encre brune.

303 x 251 mm

Signé en bas à droit e: Contant d'I.

 

Architecte, dessinateur et décorateur, Pierre Contant d’Ivry incarne la transition entre le baroque tardif du règne de Louis XV et les prémices du néoclassicisme. Né à Ivry-sur-Seine en 1698, il se forme dans l’atelier de Robert de Cotte avant de développer une carrière brillante à Paris, où il devient architecte du duc d’Orléans, puis architecte du roi. Sa production couvre un large spectre : architecture religieuse, hôtels particuliers, aménagements intérieurs, projets d’orfèvrerie et de décors éphémères. Contant d’Ivry est surtout connu pour ses projets pour l’église de la Madeleine (dont il pose les bases en 1753 avant que son plan ne soit remanié par Guillaume-Martin Couture), pour l’aménagement de l’hôtel de Saint-Florentin et la reconstruction du Palais-Royal, mais aussi pour ses décors raffinés où se combinent sens du dessin, élégance des proportions et goût ornemental typique du rocaille. Il appartient à cette génération charnière qui adoucit les fantaisies du rococo en y introduisant une rigueur nouvelle, annonçant la clarté classique du règne de Louis XVI.

 

Excellent dessinateur, Contant d’Ivry laisse une abondante production graphique : plans, élévations, vases, autels, cheminées, mobiliers et ornements d’intérieur, où se lit son attachement à une architecture décorative pensée comme art total. Ses dessins, précis et équilibrés, reflètent un goût sûr et une maîtrise du tracé héritée de la tradition académique. Ce dessin représente un projet de vase monumental probablement destiné à orner un jardin, une fontaine ou un espace d’architecture intérieure, dans l’esprit des modèles diffusés par les recueils d’ornements du XVIIIᵉ siècle. Le vase, couvert et surmonté d’un fruit de pin sculpté, repose sur un piédestal à degrés. Le corps est orné d’un riche décor à reliefs : guirlandes, enroulements et cartouches. Deux figures aquatiques — un triton et une naïade aux formes souples — s’appuient sur la panse, semblant animer la composition. Le socle, encadré de consoles et de coquilles stylisées, porte une plaque simulant une inscription, tandis que des masques et des chutes d’eau stylisées suggèrent un usage de fontaine. Le dessin, tracé à la plume et à l’encre brune avec des rehauts de lavis gris, allie précision géométrique et sens plastique. La rigueur du contour, la mise en page claire et l’équilibre des masses trahissent l’œil d’un architecte formé à la tradition classique, tandis que la présence de figures mythologiques et d’ornements fluides rattache encore le projet à l’esthétique rocaille.



 
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