Pier Francesco Mola
Coldrerio, 1612 – Rome, 1666
Portrait d’artiste (autoportrait présumé)
Plume et encre brune
208 x 161 mm
Annoté en bas à la plume : Francesco mola his own portrait
Au verso, Daniel dans la fosse aux lions, plume et encre brune
Provenance
Charles Paul Jean-Baptiste de Bourgevin Vialart, comte de Saint-Morys (marque dite Pseudo-Crozat, Lugt 474)
Né dans le Tessin, Mola arrive à Rome dès 1616 avec son père, l’architecte Giovanni Battista Mola. Après une première formation auprès de Giuseppe Cesari, le cavalier d’Arpin, il est en 1630 à Bologne où il entre dans l’atelier d’Albani puis va à Venise. De retour à Rome en 1647, en pleine possession de son talent, Mola est bien accueilli par Innocent X qui lui confie d’importants travaux au Gesù. Son successeur, Alexandre VII, lui continue sa protection et le fait participer au décor de la Galleria du Quirinal en 1656-1657. Avec Sacchi et Testa, qu’il avait rencontré à Lucques en 1637, Mola représente à Rome le courant vénitien de la peinture romaine qui unit le classicisme de la composition avec une lumière chaude, héritée de Giorgione.
L’artiste s’est fréquemment livré à l’exercice du portrait, qui le conduit à la caricature. Beaucoup de celles-ci représentent des membres du clergé, tandis d’autres chargent le monde de l’art et les amis de l’artiste, Rosa, Testa ou Simonelli, certaines enfin sont autobiographiques[1]. Même si l’inscription portée en anglais sur le bas du dessin est ancienne, elle est cependant à prendre avec précaution, les portraits de l’artiste étant très rares. Le dessin exécuté au verso de notre feuille, une esquisse de composition pour un Daniel dans la fosse aux lions, n’a pu être mis en relation avec aucune œuvre connue de l’artiste.
[1] Pier Francesco Mola, 1612-1666, Lugano et Rome, 1989-1990, n°100-115, p. 282-291.


