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Lancelot-Théodore, comte Turpin de Crissé

Paris, 1782 – 1859

 

La Pergola, Venise, 1851

 

Pierre noire, plume et lavis d’encre brune

23,7 x 35,2 cm

Signé et daté en bas à gauche : T.T / 1851


 

Issu d’une vieille famille angevine d’artistes et de collectionneurs, Turpin de Crissé est initié à la peinture par son père, artiste amateur et ancien élève d’Hubert Robert. À la Révolution, sa famille connaît des revers de fortune mais le jeune Turpin bénéficie, à partir de 1802, de la protection de son parrain, le comte de Choiseul-Gouffier, grâce auquel il peut aller achever son éducation en Suisse (1803), puis à Rome (1807-1808). À son retour en France en 1809, la reine Hortense, le prince Eugène et l’impératrice Joséphine dont il devient le chambellan, lui accordent leur protection. Le retour des Bourbons comble ce fervent légitimiste. Turpin est nommé membre libre de l’Académie des Beaux-arts, puis membre du conseil des Beaux-arts à la préfecture de la Seine et du conseil des musées royaux ; en 1824, il est attaché à la maison du Roi comme inspecteur général des Beaux-arts. Dépité par la chute de Charles X et farouche opposant à Louis-Philippe, Turpin se consacre, à partir de 1835, à sa collection de tableaux, d’antiques et de monnaies qu’il léguera à sa mort à la ville d’Angers. 

 

Turpin s’est rendu à de nombreuses reprises en Italie, séjournant essentiellement à Rome et dans la région de Naples. Mais Venise est la ville italienne que Turpin préfère dans les années de la maturité. Si des séjours à Venise sont documentés entre 1827 et 1839, il est possible que Turpin soit retourné dans l’ancienne cité des doges plus tard, notre dessin étant daté 1851. On connait plusieurs dessin de l’artiste consacré à Venise comme cette Place San Mosé à Venise (Venise, musée Correr, fig. 1)[1]. Dans notre feuille, Turpin évoque un jardin au bord d’un canal de Venise, orné d’une pergola. Notre dessin est typique de l’œuvre de Turpin de Crissé : s’il reste toujours précis et minutieux, l’artiste met l’accent sur la complexité de la lumière de la cité lagunaire. Il sait ainsi rendre l’atmosphère à la fois transparente et lourde, minérale et aquatique de l’ancienne cité des doges. 

 


[1] Lancelot-Théodore Turpin de Crissé, peintre et collectionneur, Angers, musée des Beaux-Arts, 2006, n°110, p. 146-147.



 
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