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Giovanni Francesco Mazzola, dit Il Parmigianino

Parme, 1503 – Casalmaggiore, 1540

 

Étude de berger assis, vers 1524-1527

 

Plume et encre brune

158 x 118 mm

Au verso, Étude pour un saint Jean-Baptiste, plume et encre brune

 

Provenance

Uvedale Tomkyns Price (1685-1764) (Lugt 2048)

Probablement Robert Price (1717-1761), son fils 

Probablement Uvedale Price (1747-1829), son fils

Probablement Sir Robert Price (1786-1857), son fils

Dr. Albert Finot (1853-1941), Troyes (Lugt 3627)

son fils André Finot (?-1980), son fils, Paris

 

Œuvre en rapport

Le dessin au verso est une œuvre préparatoire pour La Vision de saint Jérôme, huile sur toile (Londres, National Gallery)


 

Né dans une famille de peintres, le Parmesan se forme principalement sous l’influence de Corrège. En 1524, il se rend à Rome où Clément VII est stupefatto par son talent précoce et où l’univers de Raphaël et de Michel-Ange s’ouvre à lui. Son séjour est interrompu par le sac de Rome (1527) et il se rend à Bologne où il réside jusqu’en 1530. C’est durant cette période que l’artiste acquiert sa pleine maturité. Son style atteindra son point culminant dans la Madone au long cou du musée des Offices et dans les fresques de l’église Santa Maria della Steccata à Parme. Comme ce fut le cas pour d’autres artistes de génie, un nombre important de ses travaux resteront inachevés. Obsédé par la perfection formelle, distrait de son art par des expérimentations alchimiques, le peintre est emprisonné mais il s’enfuit à Casalmaggiore où il meurt dans la misère à l’âge de 37 ans.

 

Giorgio Vasari fait l’éloge de Parmigianino en le qualifiant littéralement de dessinateur né (« fusse nato, si puo dire, con i penelli in mano »), et son appréciation des dessins de l’artiste a été partagée par les collectionneurs et les connaisseurs depuis lors. L’un des dessinateurs les plus prolifiques du Cinquecento, Parmigianino a produit de tout, des croquis rapides aux études figuratives et de composition, en passant par des paysages, des études de portraits et des dessins de présentation finis. Il aimait expérimenter toutes sortes de techniques, plume, encre et lavis, sur papier uni et coloré, avec ou sans rehauts de blanc, sanguine, pierre noire, aquarelle, pointe métallique sur des papiers préparées. 

 

Notre feuille double face peut être datée de la période romaine de l’artiste (1524-1527). Elle nous présente un personnage assis, tourné vers la gauche et dont le visage est tourné vers l’arrière. Il s’agit d’un berger qui tient une houlette ; on retrouve un bâton semblable dans plusieurs œuvres de l’artiste dont une eau-forte originale, Jeune berger debout (Bartsch, XVI.13.12). Cette figure de berger était probablement destinée à une projet de peinture représentant une Adoration des bergers, jamais réalisée ou perdue. Au verso, nous trouvons une étude pour la figure de saint Jean-Baptiste. Selon M. Ekserdjian, cette figure est inspirée par une peinture de l’école de Raphaël, Saint Jean Baptiste dans le désert désignant la croix de la Passion. Une version de cette peinture se trouve aujourd’hui au musée du Louvre à Paris. Comme ce tableau est en France depuis 1516 (il est cité à cette date dans la cathédrale d’Oiron), Parmesan a probablement eu accès plutôt à une autre version perdue ou à un dessin. Cette étude de saint Jean-Baptiste a ensuite été réutilisée par l’artiste pour sa figure du même saint dans sa Vision de saint Jérôme de 1526 (Londres, National Gallery, inv. NG33). 

 

Nous remercions le Professeur David Ekserdjian, spécialiste de l’artiste, qui nous a aimablement confirmé l’attribution de ce dessin et nous a fourni généreusement de précieux éléments pour la rédaction de cette notice.

 



 
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