Norbert Goeneutte
Paris, 1854 – Auvers-sur-Oise, 1894
Madame Adèle, vers 1880
Aquarelle
285 x 205 mm
Signé en haut à droite : Norbert Goeneutte
Titré sur le carton de fond au verso : Madame Adèle
Exposition
Exposition Norbert Goeneutte, Paris, École des Beaux-Arts, avril 1895, n°196
Renonçant au notariat, Goeneutte étudie quelque temps auprès d’Isidore Pils. Très lié au graveur Henri Guérard, époux de l’élève de Manet Éva Gonzalès, il publie à partir de 1875 plusieurs planches dans Paris à l’eau-forte. Plus tard, aux côtés d’Edgar Degas, Camille Pissarro et Félix Buhot, il participe à la Société des peintres-graveurs fondée en 1888 par Félix Bracquemond et Guérard. Habitué du Café de la Nouvelle-Athènes, Goeneutte y rencontre Auguste Renoir, qui le représente dans La Balançoire et Le Moulin de la Galette. Malgré ses liens avec les impressionnistes - son portrait gravé par Marcellin Desboutin figure à la deuxième exposition du groupe en 1876 - il préfère exposer au Salon des Artistes Français. Peintre de la vie moderne, il choisit des sujets de la vie parisienne observés avec humour et légèreté : Le Boulevard de Clichy par un temps de neige (1876), La Noce débarque (1878), La Soupe du matin (1880)… En 1891, le docteur Gachet, qui l’apprécie et dont Goeneutte réalise le portrait, le persuade de venir s’installer à Auvers-sur-Oise. C’est là qu’il meurt trois ans plus tard ; il y est enterré non loin de Vincent van Gogh.
Norbert Goeneutte est surtout connu pour son important œuvre gravé, à l’eau-forte et à la pointe sèche, participant à la naissance de la gravure « impressionniste » aux côtés de Guillaumin, Cézanne et Pissarro. En peinture, Goeneutte se rattache à l’impressionnisme par la modernité de ses sujets et par certaines audaces de composition héritées du japonisme et de Degas. Avec Raffaëlli, Béraud et Helleu, il contribue à forger le stéréotype de l’élégante et la représentation poétique de la rue parisienne, des scènes de café et du spectacle. Notre dessin, titré au verso « Madame Adèle », représente une femme de la bonne société parisienne dont nous ignorons tout, hormis le prénom ; elle devait être une amie de la famille Goeneutte et a été représentée par l’artiste au moins quatre fois. Outre notre aquarelle, un dessin intitulé Madame Adèle figura dans la grande rétrospective consacrée à l’artiste à la suite de sa disparition (collection particulière). Une peinture, Madame Adèle à sa couture, est conservée en collection particulière. Mais notre dessin se rapproche surtout d’un pastel, Madame Adèle et son chien, signé et dédicacé à Arsène Alexandre (collection particulière) : on y retrouve le même modèle, dans une attitude proche, portant un habit noir et une coiffure ornée de fleurs jaunes.
[1] Fusain et sanguine, 50,8 x 31,7 cm (Exposition Norbert Goeneutte, op. cit., n°250).
[2] Huile sur toile, 38,5 x 47 cm (Versailles, Rey & Guinot, 27 février 2021, n°11)
[3] Fusain et pastel, 63,5 x 31 cm (Norbert Goeneutte, Pontoise, musée Pissarro, 1982, n°19).


