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Gustave Doré

Strasbourg, 1832 – Paris, 1883

 

Lendemain de tempête, vers 1876

 

Aquarelle

490 x 325 mm

Signé en bas à gauche : Doré


 

À son époque, Gustave Doré fut certainement l’artiste français le plus renommé à l’étranger. À côté de son œuvre d’illustrateur, Doré exécuta également des peintures et des sculptures qu’il exposa dans la Doré Gallery de Londres. Lorsque la vente de son atelier eut lieu en 1885, deux ans après la mort de l’artiste, plus d’une centaine de dessins et d’aquarelles y figuraient — ne constituant cependant qu’une petite partie d’une production dont l’importance reste difficile à évaluer. Malgré cette abondance, cette facette de son art demeure peu connue. À l’inverse de l’énergie qu’il mettait à valoriser ses estampes, ses livres illustrés et ses peintures, il accordait peu d’importance à ses dessins, et notamment à ses paysages. Pourtant, Gustave Doré, randonneur aguerri, peignit successivement les Alpes, les collines d’Écosse et les côtes bretonnes.

 

En témoigne notre aquarelle Lendemain de tempête, montrant une forêt dévastée en haute montagne. Tant par ses couleurs douces et nuancées - une dominante de vert rompue par le brun des troncs et le bleu des montagnes lointaines et du ciel - que par l’atmosphère claire d’un jour naissant, notre aquarelle peut être rapprochée des nombreux paysages montagneux auxquels Doré se consacre dans les dernières années de sa vie, autour de 1870. Ainsi le Paysage de montagne du musée d’Art Moderne de Strasbourg (inv. 55.002.0.140)[1] ou l’aquarelle Paysage de montagne, signée et datée 1876, conservée en collection particulière[2]. La ressemblance entre cette dernière œuvre et la nôtre est frappante : il est probable qu’il s’agit du même site, sans doute dans les Alpes, lieu privilégié par Doré pour ses dessins. Notre aquarelle, avec ses sapins abattus, revêt un caractère fantastique que l’on retrouve dans tant d’autres créations de Doré. Si quelque chose n’est pas réaliste chez Gustave Doré, c’est bien la végétation — désolée ou luxuriante, menaçante ou protectrice, ensorcelée ou paisible !

 


[1]  Gustave Doré (1832-1883), Strasbourg, 1983, n°4, p. 323. 

[2] Aquarelle et rehauts de blanc, 50 x 32,5 cm (Londres, Sotheby’s, 25 novembre 1997, n°29)

 



 
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