Thérèse Baudry de Balzac
Paris, 1774 – 1831
Branches d’oranger chinois à feuilles de myrte, vers 1805
Aquarelle sur traits de pierre noire sur vélin
354 x 266 mm
Signé en bas à gauche : T.B.debalzac
Annoté en haut au centre : Tableau 3me et en bas au centre : Oranger chinois à feuilles de myrthe / G. Richev (?)
Mme Baudry de Balzac a probablement fréquenté dans sa jeunesse l’atelier de Gérard van Spaendonck et suivi son Cours d’iconographie au Jardin des plantes. Là, Spaendonck « forma d’habiles élèves auxquels il apprit non seulement à copier la nature avec exactitude, mais à choisir, pour les objets qu’ils imitaient, les formes les plus heureuses et les plus élégantes » selon la Biographie universelle de Michaud. L’artiste expose au Salon de 1800 à 1810, essentiellement des animaux peints sur vélin. A partir de 1807, elle enseigne le dessin à la Maison d’éducation de la Légion d’honneur. Ses qualités d’enseignante sont appréciées par le Grand Chancelier et elle peut ainsi faire entrer dans l’institution sa nièce Caroline Baudry de Balzac (1798-1844). Elles quittent toutes les deux l’école en juillet 1823 pour se fixer à Sèvres puis à Versailles où elles ouvrent ensemble un cours de dessin[1].
Toutes les œuvres connues de Mme Baudry de Balzac sont des aquarelles sur vélin, animaux ou plantes, dont elle semble s’être faite une spécialité. Elle s’inscrit ainsi dans la lignée des artistes ayant participés à la constitution de la collection des Vélins du Roi ou du Museum. Commencée au XVIIe siècle, cet ensemble d’aquarelles, déposé à la bibliothèque du Museum d’histoire naturelle au moment de la Révolution, compte environ 7 000 pièces, essentiellement des représentations du règne végétal et du monde animal. De Mme Baudry de Balzac, le Museum conserve deux feuilles, une étude de Barbadine, passiflora quadrangularis et une Branche d’amandier, très proches de notre aquarelle. Même s’il n’a pas été possible de retrouver les estampes, il est très probable que notre feuille, comme celles du Muséum, était destinée à être gravé. Nous savons que Mme Baudry de Balzac a participé à l’illustration des Annales du Museum d’histoire naturelle dont le premier volume, réalisé sous la direction de Cuvier et Geoffroy de Saint-Hilaire et publié en 1802, comporte ainsi cette planche de Dianthus Spinosus et Euphorbia meleformis réalisée d’après un dessin de Mme Baudry de Balzac.
L’oranger de Chine ou pittosporum heterophyllum est un arbuste persistant, facile à cultiver et caractérisé par un long et étroit feuillage dense, vert foncé et brillant. Originaire des régions tempérées d’Asie, l’oranger de Chine est apprécié pour sa floraison parfumée et ses fruits. Dans notre aquarelle, l’artiste s’applique à détailler les fleurs, les fruits mais également – et de manière plus exceptionnelle – la manière de réaliser une greffe. Mais, au-delà de la description scientifique, Mme Baudry de Balzac réalise ici une aquarelle d’une infinie délicatesse.
Nous remercions Mme Madeleine Pinault-Sorensen qui nous a aimablement fourni des éléments précieux pour la rédaction de cette notice.
[1] J. Genaille, « Caroline Baudry de Balzac, peintre de fleurs, fausse « parente pauvre » du romancier », documents inédits sur sa vie et sa carrière », Société de l’Histoire de l’art français, A travers l’art français du Moyen-Âge au XXe siècle, Hommage à R. Jullian, Paris, 1978, p. 301-312.


