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Joseph-Marie Vien

Montpellier, 1716 – Paris, 1809

 

Offrandes des prémices à Bacchus, 1750

 

Plume et encre brune, lavis brun

162 x 428 mm

Le dos passé à la sanguine

 

 

Né à Montpellier, Joseph-Marie Vien, après un apprentissage auprès de Jean Giral, se rend à Paris en 1740. Elève de Charles-Joseph Natoire, il obtient le prix de Rome en 1743 et séjourne à Rome entre 1744 et 1750. Ayant profondément étudié la peinture religieuse baroque, Vien essaye de la renouveler avec l’introduction d’un certain réalisme : son Ermite endormi (Paris, musée du Louvre) fut chaleureusement salué par le public. Le retour de l’artiste en France est marqué par l’accès à de grandes commandes religieuses et, peu à peu, par une nouvelle orientation, notamment sous l’influence du comte de Caylus. Vien, qui est reçu à l’Académie en 1754, devient célèbre dans les années 1760 pour ses peintures « à la grecque » dont la plus célèbre est La Marchande d’amours (Château de Fontainebleau). Par leur composition et leur couleur épurée, elles le firent considérer comme précurseur, voir père du néo-classicisme. De retour à Rome en 1775, où il assura pendant sept ans la direction de l’Académie, il attesta de ses talents de pédagogue, réformant largement l’enseignement. Il aura notamment pour élèves Regnault, Suvée et David.

 

Très peu de temps avant son départ de Rome pour Paris, au début de l’année 1750, Vien exécute une série gravée sur le thème des Bacchanales[1]. Sous la forme de frises, cinq sujets représentent les travaux de la vendange. Notre feuille est le dessin préparatoire pour la première planche de la suite. Sur un piédestal, au second plan, on aperçoit le bas de la statue du dieu Bacchus, et, à gauche, une troupe de vendangeurs portant des thyrses et des corbeilles lui adressant leurs prières. Au premier plan, un satyre joue de la trompe et une bacchante de la mandoline pour accueillir le roi de la fête, porté par deux hommes dans une corbeille. De la main droite, il indique la statue du dieu, tandis qu’un jeune enfant, soulevé par sa mère, vient le couronner de pampres ; le cortège est terminé, à droite, par une jeune femme, portant un panier de fruits et des musiciens. Nous connaissons, conservées en collection particulière, deux autres des dessins préparatoires pour la deuxième et la quatrième planche de la suite[2].

 

Nous pouvons rapprocher notre dessin de plusieurs autres feuilles exécutées entre 1750 et 1755 et représentant des bacchanales ou des saisons[3]. On retrouve dans toutes ces œuvres la même technique de plume rehaussée d’un léger lavis brun et la même veine bachique. Avant de s’imposer avec ses peintures d’histoire religieuse et ses jeunes grecques au début des années 1760, Vien semble avoir ainsi exploré une voie tout à fait différente, pleine de fougue et d’une grande liberté.

 


[1] Th. Gaethgaens et J. Lugand, Joseph-Marie Vien, Peintre du Roi (1716-1809), Paris, 1988, n°34-38, p. 284.

[2] Voir notamment un dessin de l’ancienne collection Olivier Le Fuel, vente Paris, Millon, 26 juin 2008, n°187.

[3] Th. Gaethgaens et J. Lugand, op. cit., n°56-63, 67 et 67a, p. 239-240.



 
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