Logo Gallerie Terrades
Petit logo Gallerie Terrades

Charles Percier et Pierre-François-Léonard Fontaine

Paris, 1764 – 1838 et Pontoise, 1762 – Paris, 1853

 

Vue de la cour et de la façade intérieure du casin de la villa Pia, vers 1790

 

Plume et encre de Chine, lavis d’encre de Chine

143 x 235 mm, monté sur une feuille 560 x 440 mm

Annoté sur le montage en haut au centre : Villa Pia, en haut à droite : Pl. 48 ; en bas à gauche : Dessiné par Percier et Fontaine. ; en bas au centre : Vue de la cour et de la façade intérieure du casin de la villa Pia

Filigrane : J.K. (J. Kool et Co.)

 

Provenance

Atelier de Charles Percier 

Par descendance, collection particulière

Paris, Drouot, 14 novembre 1980, n°50

Paris, collection particulière

 

Estampe

Gravé par Jean-Charles Bonnard et Claude Niquet pour l’ouvrage Choix des plus célèbres maisons de plaisance de Rome et de ses environs, Paris, 1809 (planche 38)

 

Percier et Fontaine se rencontrent dans l’atelier de Peyre et deviennent inséparables, obtenant le grand prix d’architecture en 1785 et 1786. Après leur séjour à Rome, ils travaillent pour l’élite de la société du Directoire : Joséphine de Beauharnais, future impératrice, leur confie le chantier de Malmaison (1801-1802). C’est le début d’une brillante carrière officielle, avec des réalisations de prestige comme les façades de la rue de Rivoli, l’arc du Carrousel, la restauration du Louvre, des Tuileries, de Fontainebleau et de Compiègne. Considérés comme les créateurs du style Empire – leur Recueil de décorations intérieures consacre le règne de l’architecte-décorateur -, Percier et Fontaine ont exercé une influence capitale sur l’évolution de l’architecture au début du XIXe siècle. Pour des raisons de santé, et peut-être aussi par conviction politique, Percier met fin en 1814 à cette collaboration exemplaire. Jusqu’à sa mort, Fontaine travaillera pour tous les régimes, de la Restauration au second Empire.

 

Notre dessin a été réalisé lors du séjour italien de Percier et Fontaine, entre 1786 et 1791. Les deux architectes décident alors de relever les plus fameux palais et villas des environs de Rome, s’intéressant à des exemples d’architecture de la Renaissance et de la période baroque jusqu’alors ignorés, pour ne pas dire méprisés, de leurs contemporains. L’étroite collaboration entre les deux artistes dans la réalisation des dessins peut paraitre étrange mais nous savons que Fontaine faisait l’ébauche générale et rapide et que Percier terminait en « recouvrant le dessin d’une feuille blanche dans laquelle il pratiquait une fenêtre de quelques centimètres et fignolait cette partie du dessin de façon à ne pas salir la feuille »[1]. De retour à Paris, Percier et Fontaine se lancent dans l’édition de recueils de planches gravées : le succès remporté par Les Palais et maisons de Rome (1798) lance leur carrière. Quelques années plus tard, probablement en 1804, ils décident de publier un second volume, le Choix des plus célèbres maisons de plaisance de Rome et de ses environs (1809). A ce moment-là, les feuilles choisies ont été remontées et probablement retouchées par Percier avant d’être soumises au graveur. Notre dessin a été gravé par Jean-Charles Bonnard et Claude Niquet, dans le même sens.

 

Destinée à servir de résidence d’été et de pavillon de chasse au souverain pontife, la Villa Pia est construite pour Pie IV entre 1559 et 1562 par l’architecte Pirro Ligorio. Il s’agit de l’un des bâtiments les plus raffinés de l’architecture maniériste, Ligorio ayant voulu mélanger une reconstitution d’une villa à l’antique à l’extérieur avec un programme iconographique intérieur basé sur l’exaltation de la papauté. Pour réaliser leur vue, Percier et Fontaine se sont placés à l’intérieur de la loggia située face à la façade principale de la Villa. On peut ainsi observer dans toute sa splendeur la cour ovale ornée d’une fontaine et la façade entièrement revêtue de marbres antiques. Aujourd’hui située dans les jardins du Vatican, la Villa Pia sert de siège aux Académies pontificales.

 


[1] M. Fouché, Percier et Fontaine, Paris, 1906.



 
Retour