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Philippe Jullian

Bordeaux, 1919 – Paris, 1977

 

Intérieur du palais Labia

 

Plume et encre de Chine, aquarelle

455 x 360 mm

Au verso, croquis à la pierre noire

Signé en bas à droite : Ph. Jullian

 

 

Orienté très jeune vers l’histoire par son grand-père, l’historien Camille Jullian, Philippe Jullian abandonna rapidement les études universitaires dont le conformisme l’ennuyait.  Il acheva son éducation dans la société parisienne où les survivants du monde de Proust, évoqués dans un de ses premiers livres, Gilberte retrouvée, furent ses maîtres, ses mécènes et parfois ses complices. Son premier livre, le Dictionnaire du snobisme (1958, illustré par l’auteur, réédition en 1982) fait de Jullian le chroniqueur émérite de la société de son temps. Spécialiste de la littérature fin de siècle et de l’Art nouveau, Jullian fut parmi le tout premiers à réhabiliter une période jusqu’alors décriée dans une série de biographies et d’essais qui firent date (Robert de Montesquiou, Oscar Wilde, Gabriele D’Annuzio, Esthètes et magiciens : l’art fin de siècle). Très marqué par la perte de ses collections dans l’incendie de sa maison en 1977, Jullian se suicida la même année.

 

Romancier et essayiste, Philippe Jullian fut aussi dessinateur, illustrant souvent ses propres ouvrages. Construit au XVIIIe siècle et décoré par Tiepolo, le palais Labia appartint au cours du XXe siècle à Charles de Besteigui.  C’est là que celui-ci donna, en septembre 1951 le « Bal du siècle », une grande soirée costumée où parmi les 600 invités figurèrent Jean Cocteau, Orson Welles, Salvador et Gala Dali ou Léonor Fini. Notre dessin représente une salle du palais Labia. Tous les éléments d’un palais vénitien se retrouvent ici, dans un désordre qui plaisait tellement à Jullian : autour d’une statue de marbre, on aperçoit un costume de carnaval, un clavecin, un lion de Saint-Marc, une sculpture dans le style d’Andrea Brustolon, un portrait de doge, etc. On retrouve dans notre dessin l’écriture et le trait acéré de Jullian dont les œuvres sont toujours vives et mordantes.



 
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