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Anne-Louis Girodet

Montargis, 1767 - Paris, 1824

 

Germaine de Staël

 

Crayon noir, estompe et gommage

164 x 125 mm 

 

 

Né à Montargis, Anne-Louis est adopté à la mort de ses parents par le docteur Trioson dont il conservera le patronyme. Élève de David, il est lauréat du grand prix de 1789 et part en 1790 pour Rome où il peint Le Sommeil d'Endymion (1791, Paris, musée du Louvre) qui assure sa réputation de peintre original et poétique. Rentré en France en 1796, il ouvre un atelier et s’attache à se créer une clientèle en peignant des portraits. En 1802, au lieu d'un tableau décoratif tel qu’il lui avait été commandé pour Malmaison, Girodet réalise l’allégorie politique d’Ossian recevant les ombres des héros français dans son Élysée. Il obtient par la suite de nombreuses commandes publiques sous l’Empire : Napoléon reçoit les clés de Vienne (1808, Versailles, musée national du château), La Révolte du Caire (1810, Versailles, musée national du château) où l’Orient inspire particulièrement son pinceau. Son érudition exceptionnelle et son goût pour la poésie lui font fréquenter hommes de lettres et journalistes - il était un intime des familles Didot et Bertin - et l’amènent à peindre le Portrait de Chateaubriand (1807, Saint-Malo, musée des Beaux-Arts) et Atala au tombeau (1808, Paris, musée du Louvre). Si son Pygmalion et Galatée (1819, Paris, musée du Louvre) reçoit un accueil mitigé, la Restauration ne l’oublie pas et lui commande les portraits des chefs vendéens Cathelineau et Bonchamps (1824, Cholet, musée des guerres de Vendée). A la fin de sa vie, retiré du monde, il compose des suites d’illustrations qui seront publiées après sa mort par ses élèves.

 

Plus connue sous le nom de Madame de Staël, Germaine Necker, baronne de Staël-Holstein (1766-1817), est la fille de Jacques Necker, ministre des finances de Louis XVI. Elle épouse en 1786 le baron Erik Magnus de Staël, ambassadeur du roi Gustave III de Suède. Dès 1788, ses Lettres sur les ouvrages et le caractère de Jean-Jacques Rousseau lui ouvre la carrière des lettres. Sa réputation littéraire et intellectuelle connaît son apogée avec la publication de Corinne ou l’Italie (1807) et De l’Allemagne (1814). Favorable à la Révolution française et aux idéaux de 1789, elle s’opposera à Napoléon qui la condamne à l’exil dans le château familial de Coppet en Suisse. Sous la Restauration, elle rouvrira son salon avant de décéder précocement en 1817.

 

Le profil de Mme de Staël est bien reconnaissable dans ce dessin de Girodet où l’artiste semble illustrer les propos de David d’Angers pour qui le profil dévoile au mieux le caractère du modèle. Le côté très fini de la tête contraste avec le buste – traité à l’antique, le col nu et sans bras – laissé volontairement en dégradé vaporeux. La technique au crayon noir utilisée ici est celle dans laquelle Girodet excelle à partir des années 1810. La grande étendue des nuances de noir, associées au maniement de l’estompe et de fins coups de gomme, permet de traduire dans ce portrait de l’écrivain, en plus de son statut social, la finesse d’esprit et de caractère du modèle.

 

Nous remercions Mme Sidonie Lemeux-Fraitot qui nous a aimablement confirmé l’attribution de ce dessin et nous a fourni généreusement de précieux éléments pour la rédaction de cette notice.



 
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