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Giuseppe Barberi

Rome, 1746 - 1809

 

Appartamenti Reali

 

Plume et encre brune, lavis brun

428 x 560 mm

Titré sur le montage ancien

 

 

Après des études d’architecture à Rome, Barberi remporte le troisième prix du concours Clementino organisé par l’Accademia di San Luca en 1762. Protégé à ses débuts par le cardinal de Bernis, ambassadeur de France, Barberi exécute le catafalque, très remarqué, pour les funérailles de Louis XV célébrées à Saint-Louis-des-Français en 1774. L’architete a beaucoup travaillé pour la famille Altieri : il a ainsi conçu le réaménagement urbain d’Oriolo Romano et l’érection de l'église de San Giorgio, tandis que pour leur palais romain, il réalise le décor du très raffiné appartement néoclassique du prince (1787-1793). A cette occasion, il coordonne une équipe d’artistes comprenant Vincente Pacetti, Felice Giani, Antonio Cavallucci, Giuseppe Cades, Bénigne Gagneraux, Jean-Pierre Saint-Ours et Wenzel Peter. Entre 1797 et 1799, Barberi est à Milan où il rencontre le jeune Bonaparte, se rallie au jacobinisme et assume un rôle politique dans la République Cisalpine. A cette époque, il exécute des projets pour la place devant le Teatro alla Scala qui ne seront jamais exécutés. De retour à Rome, Barberi exécute le décor pour la fête de la Fédération organisée par la République romaine. Après la chute de celle-ci, il est emprisonné quelques mois avant de partir en exil à Paris. Là, il va travailler assidûment à la Calcographie des frères Piranesi, crée par les fils du grand graveur. De retour dans sa ville natale en 1801, il y meurt quelques années plus tard.

 

Dans une lettre à Napoléon, Barberi évoque l’extraordinaire répertoire graphique qu’il avait rassemblé en quarante-sept volumes reliés, dont une grande partie disparait dans le pillage de son atelier durant son emprisonnement. Nombre de ses œuvres ont cependant survécu, et certains des volumes et des dessins détachés se trouvent aujourd’hui conservés au Cooper Hewitt Museum de New York, au Centre canadien d’architecture de Montréal, au Museo di Roma, à la Biblioteca dell’Istituto di Archeologia e Storia dell’Arte à Rome ou au Victoria & Albert Museum de Londres[1]. La plupart de ces feuilles montrent des études de décor ou de mobiliers, des caricatures mais surtout des projets d’architecture fantastique comme le nôtre. Ici, Barberi évoque un escalier monumental dans un palais royal, riche en références savantes à l’antique. Ce capriccio, ou projet utopique, doit probablement être lié aux activités d’enseignement de Barberi, tant au sein de l'Accademia di San Luca que dans sa propre académie privée et évoque parfaitement l’exceptionnelle inventivité de l’artiste.  

 


[1] Voir notamment A. Busiri Vici, « Giuseppe Barberi, architetto romano giacobino », Capitolium, XXXVI, 1961, p. 3-17 ; M. Myers, Architectural and Ornament Drawings, New York, 1975, n°2 ; Architectural, Ornament, Landscape and Figure Drawings collected by Richard Wunder, Middlebury College, VT, 1975, n°66, 67 et 80 ou Il Settecento a Roma, Rome, 2005, n°2.



 
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