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Jean-Robert Ango

Actif à partir de 1759 – mort après 1773

 

Pèlerins dans la basilique Saint-Pierre de Rome, vers 1765

 

Pierre noire

365 x 500 mm

 

Provenance

Collection Gosselin jusqu’en 1953

Galerie Wildenstein, Paris

Collection particulière, Paris

 

Bibliographie

P. de Nolhac, Peintres français en Italie, Paris, 1934, p. 67-68 (alors attribué à Hubert Robert)

 

 

Si l’on ignore encore la date et le lieu de naissance d’Ango, on le sait à Rome autour de 1760. Il y rencontre Julien de Parme qui l’introduit dans le cercle des pensionnaires de l’Académie de France à Rome. En 1761, Ango accompagne Fragonard à Naples, vraisemblablement aux frais de l’abbé de Saint-Non qui l’emploie pour son célèbre recueil des Griffonis. Il fait, comme son ami Hubert Robert, partie du cercle du bailli de Breteuil, ambassadeur de Malte auprès du Saint-Siège. Malade à partir de 1772, il décède une année plus tard à Rome. Au cours de son séjour italien, si Ango a surtout dessiné d’après les maîtres anciens et notamment d’après Michel-Ange, son artiste favori, il a aussi repris ou copié des dessins d’Hubert Robert dont il était très proche.

 

En 1763, Hubert Robert réalise une série de vues de la basilique Saint-Pierre dont une vue de la partie droite de la nef centrale avec des pèlerins entourant la statue de saint Pierre, aujourd’hui conservée à l’Albertina à Vienne.[1] Ango a repris ici cette composition mais à la pierre noire, dans les mêmes dimensions. Au centre, la statue en bronze, probablement réalisée par Arnolfo di Cambio au cours du XIIIe siècle, représente l’apôtre, assis dans sa cathèdre, bénissant de la main droite et tenant les clefs du royaume de Dieu dans la main gauche. La tradition veut que ce soit un acte pieux de toucher le pied droit de la statue de celui qui fut le premier des apôtres et le premier pape : celui-ci est aujourd’hui visiblement endommagé par l’usure des actions des fidèles. On reconnait, entourant la statue, des pèlerins reconnaissables à leurs coquille Saint-Jacques, leurs gourdes et bâtons de marche, des fidèles et des mendiants. Sur la droite, le personnage féminin, accompagné de sa servante et de son enfant, a parfois été identifiée comme le portrait de Marguerite Lecomte qui séjourne à Rome en 1763. Au fond, on distingue la tombe du pape Grégoire XIII et la clôture de la chapelle du Saint-Sacrement. Considérée pendant longtemps comme de la main d’Hubert Robert, notre feuille illustre en fait les relations de camaraderie existant entre Robert et Ango.

 


[1] Pierre noire, aquarelle, plume et encre de Chine, 368 x 500 mm, inv. 15330, voir notamment J.-P. Cuzin, P. Rosenbert et C. Boulot, Fragonard e Hubert Robert a Roma, Rome, 1990-1991, n°132, p. 187-188.



 
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