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Francesco Fontebasso

Venise, 1707 – 1769

 

Études de têtes

 

Pierre noire

380 x 275 mm

Annoté en bas à droite : Tiepoletto f. 1758

 

 

Élève de Sebastiano Ricci, Francesco Fontebasso passe une courte période à Rome avant de retourner dans sa ville natale. Il fait sa carrière à Venise où il est surtout sollicité comme peintre à fresque. En 1734, Fontebasso décore le plafond de l’église des Gesuiti à Rome et, en 1736, peint un cycle de fresques pour l’église de l’Annunziata à Trento. Travaillant également pour les membres de l’aristocratie vénitienne telle que la famille Barbarigo, il exécute des fresques décoratives au Palazzo Duodo et au Palazzo Barbarigo. En 1761, Fontebasso est à Saint-Pétersbourg sur l’invitation de l’impératrice Catherine II. Durant deux ans, il va réaliser plusieurs projets décoratifs pour le Palais d’Hiver et pour d’autres palais impériaux. Bien que nommé professeur à l’Académie impériale des arts, il choisit de retourner à Venise. Il devient alors professeur à l’Accademia puis son directeur à partir de 1768.

 

Fontebasso fut un dessinateur talentueux et prolifique, avec un style particulier qui doit beaucoup à l’exemple de son professeur, Sebastiano Ricci. Ses dessins les plus connus alternent feuilles à la plume et encre brune – surtout des études de figures – et des œuvres illustrant des sujets de l’histoire religieuse ou antique, réalisés au lavis gris. Mais Fontebasso utilise également la pierre noire, comme dans notre Étude de têtes, même si les feuilles réalisées avec cette technique sont moins nombreuses. On peut remarquer que l’artiste utilise cette technique surtout pour faire des dessins rapides de têtes ou de mains : avec de telles feuilles, l’artiste se constituait ainsi un ensemble d’études dont il pouvait tirer parti lors de la réalisation d’œuvres peintes. Notre feuille peut ainsi aisément se comparer avec des œuvres très proches, la plupart conservées en collection particulière[1].

 

Dans notre feuille, la main libre et expressive de l’artiste modèle et individualise les différentes têtes par le jeu de ses traits, à la fois puissants et délicats, laissant des espaces blancs en réserve sur le papier, selon une technique proche de celle de la gravure et conférant à cette œuvre à la fois force et élégance. Dans une telle réunion de divers caractères et expressions, l’influence des feuilles d’études d’Antoine Watteau est évidente. Les dessins de ce Français étaient vraisemblablement connus de Fontebasso par l’intermédiaire d’artistes vénitiens ayant séjourné à Paris entre 1710 et 1720 comme Giovan-Antonio Pellegrini, Sebastiano Ricci et surtout Rosalba Carriera. De plus, se trouvaient certainement à Venise les deux volumes de gravures, publiés par Julienne d’après des dessins de Watteau, les Figures de différents caractères. Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, des artistes bolonais, en particulier les Gandolfi, ont repris ces exemples mais à la plume et encre brune et avec un graphisme et un sens de l’espace assez différents.

 


[1] Vente New York, Bonhams, 27 janvier 2006, lots 169, 170 et 171.



 
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