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Jean-Jules Antoine Lecomte du Nouÿ

Paris, 1842 – 1923

 

La Mauresque, 1884

 

Pierre noire

Feuille 235 x 170 mm

Signé et dédicacé en bas à gauche : Lecomte du Noüy à son petit ami Bob / 1888

 

Provenance

Marie-Antoinette de Riquetti de Mirabeau, comtesse de Martel de Janville (1849-1032), dite Gyp ou Petit-Bo

Par descendance, collection particulière, château de Mirabeau (Vaucluse)

 

 

Issu d’une famille noble piémontaise, Jules Lecomte du Nouÿ entre en 1862 dans l’atelier de Gleyre, puis dans celui de Gérôme. En 1872, il voyage en Italie et en Orient – Égypte et Turquie –, où il réalise de nombreux croquis relatifs aux fouilles archéologiques en cours. Sous l’influence de Gérôme, il peint des œuvres orientalistes, souvent inspirées d’œuvres littéraires contemporaines, comme Les Porteurs de mauvaises nouvelles (1871, Tunis, ministère des Affaires culturelles), sujet tiré du Roman de la momie de Théophile Gautier ou Ramsès dans son harem (collection particulière), dont la source se trouve dans les Orientales de Victor Hugo. Son goût pour l’histoire l’amène à traiter aussi de sujets tels que Les Garde-côtes gaulois dans un style précis et réaliste. En 1875, Lecomte du Nouÿ est chargé de la réalisation du décor de la chapelle Saint-Vincent-de-Paul de l’église de la Trinité à Paris. Il peint également plusieurs portraits (A. Crémieux, 1878, Paris, musée d’Art et d'Histoire du Judaïsme), notamment pour la cour de Roumanie, où son frère occupe les fonctions d’architecte officiel.

 

Notre dessin est une étude pour un tableau peint en 1884 et exposé deux ans plus tard sous le titre La Mauresque, Souvenir de la casbah d’Alger (localisation inconnue)[1]. Cette mauresque lascive, rare représentation d’une femme fumant une cigarette, est une première pensée pour un sujet dont l’aboutissement sera l’un de ses tableaux les plus célèbres de l’artiste, L’Esclave blanche (1888, musée des Beaux-Arts, Nantes) et s’inscrit dans cette série d’odalisques qui de Delacroix, Ingres, Manet ou Renoir peuplent l’orient mythique du XIXe siècle.

 

Quelques années après sa réalisation, notre dessin a été donné par l’artiste à Marie-Antoinette de Riquetti de Mirabeau, comtesse de Martel de Janville (1849-1932), plus connue sous son nom de plume, Gyp, avec lequel elle a signé une centaine de romans et de nouvelles. Parmi ceux-ci, Petit-Bob, où apparaît Bob, le prototype de l’enfant terrible, qui lui assure un certain succès en 1882 : elle reprendra le nom de son personnage pour signer les caricatures qu’elle publie dans des revues telles que Le Rire ou La Silhouette. « Terrible railleuse » selon Anatole France, elle devait bien connaître Lecomte de Nouÿ dont elle possédait plusieurs dessins. En 1888, année de la dédicace de notre dessin, elle publie Bob au Salon dans lequel elle publie une critique positive du dernier ouvrage de Lecomte du Nouÿ, Les Gardes-côtes gaulois (Saint-Germain-en-Laye, musée d’archéologie nationale).

 


[1] R. Diederen, From Homer to the Harem, The Art of Jean Lecomte de Noüy, New York, Dahesh Museum, 2004, n°189, repr. p. 174.



 
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