Logo Gallerie Terrades
Petit logo Gallerie Terrades

Marie-Gabrielle Capet

Lyon, 1761 – Paris, 1818

 

Portrait d’homme en veste marron, 1794-1795

 

Gouache sur ivoire

Diamètre : 60 mm

Signée et datée en bas à gauche : M.G. Capet / l’an 3

 

Exposition

Paris, Salon de 1795, n°63 (?)

 

Provenance

Léo R. Schidlof (1886-1966)

Arnauld Desfriches, comte Doria (1890-1977)

Renaud Desfriches, comte Doria, son fils (vers 1920-2012)

 

Bibliographie

A. Doria, Gabrielle Capet, Paris, 1934, p. 24 et 75, n°43, planche XXIII, fig. 44

C. Marcheteau de Quinçay, Marie-Gabrielle Capet (1761-1818), Une virtuose de la miniature, Caen, musée des Beaux-Arts, 2014, n°17, p. 71

 

 

Née à Lyon dans un milieu modeste, Marie-Gabrielle Capet arrive à Paris à vingt ans. Sans doute est-elle déjà à ce moment l’élève d’Adelaïde Labille-Guiard, artiste réputée reçue à l’Académie royale en 1783, qui prodiguait à ses élèves des soins qui « ne peuvent se comparer qu’à ceux d’une mère »[1]. Cela est particulièrement vrai pour Marie-Gabrielle Capet qui habite chez Mme Labille et qu’elle représente en 1785 à ses côtés dans son Autoportrait au chevalet (New York, The Metropolitan Museum of Art). Dès 1781, Melle Capet expose pour la première fois au Salon de la Jeunesse, place Dauphine, une Tête aux trois crayons. L’année suivante, elle y présente deux portraits au pastel et continue durant toute sa carrière cette spécialité du portrait, soit à la gouache, soit au pastel, ou plus fréquemment à l’huile après 1804. Pendant les troubles révolutionnaires, alors que leur rivale Élisabeth Vigée-Lebrun quitte la France, Melle Capet et Mme Labille-Guiard restent à Paris : en 1791, elles font partie des vingt et une femmes artistes qui exposent pour la première fois au Salon du Louvre. En 1795, Melle Capet s’installe avec Mme Labille-Guiard au Palais des Sciences et des Arts (Louvre), auprès du peintre François-André Vincent, grand ami de Mme Labille-Guiard puis son époux en 1800. Melle Capet restera dans leur voisinage et les accompagne quand ils durent, comme tous les artistes, quitter le Louvre et s’installer dans l’aile ouest de l’Institut, alors Collège des Quatre-Nations. Elle continue à s’occuper de Vincent après la mort de son épouse en 1803, et expose au Salon jusqu’en 1814 des portraits au pastel ou à l’huile, tel celui du graveur Miger en 1806 (Paris, Bibliothèque nationale de France). Parmi ses portraits les plus connus, on compte ceux de ses proches, Mme Labille-Guiard, le peintre François-André Vincent ou encore le sculpteur Houdon.

 

Daté an III, ce portrait figura, peut-être, parmi le « cadre contenant des miniatures » que Marie-Gabrielle Capet envoie au Salon de 1795. Coiffé d’une perruque poudrée, le modèle masculin, aux yeux marron, est représenté à mi-corps, tourné vers la gauche, sur un fond gris foncé. Il est vêtu d’une veste brune d’où dépassent les revers brodés de fleurs de son gilet jaune, tandis qu’une cravate nouée de mousseline blanche lui enserre le cou. Selon Doria, cette œuvre, « traitée avec une grande sobriété et beaucoup de naturel », témoigne du fait que l’artiste, renonçant aux « fausses grâces françaises »[2], s’était « déjà mis au goût de l’époque » qui exigeait « des attitudes plus simples et plus naturelles »[3]. Cette miniature est présentée dans un beau cadre de bronze doré orné de perles d’émail.

 


[1] J. Lebreton, cité par A. Doria, Une émule d’Adélaïde Labille-Guiard, Gabrielle Capet portraitiste, Paris, 1934, p. 5.

[2] Quatrième lettre de Polyscope sur les ouvrages exposés dans le grand salon du Museum, 1795 (Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie, collection Deloynes, t. XVIII, n°474, p. 580-581 ; cité par Doria, op. cit., p. 23.

[3] Doria, op. cit., p. 24.



 
Retour