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Jean-Baptiste Sambat

Lyon, 1760 – Paris, 1828

 

Deux jeunes dessinateurs, 1800-1801

 

Gouache sur ivoire

Diamètre 73 mm

Signé et daté en bas à droite : Sambat l’an IX

 

 

Nous ignorons tout de la formation de Sambat, probablement né à Lyon. Nous savons simplement qu’il voyage en Angleterre avant de revenir s’installer à Paris en 1791. Fervent révolutionnaire, il exerce les fonctions de contrôleur des impositions l’année suivante. Membre du club des Jacobins, Sambat siège comme juré au Tribunal révolutionnaire en 1793. Mais son engagement politique tourne court lorsque, compromis par son amitié avec les Dantonistes, il est radié de cette juridiction. Emprisonné comme suspect, il met à profit sa captivité pour réaliser des portraits miniatures de ses compagnons de détention menacés par la guillotine. Rendu à la liberté, il se consacre dès lors entièrement à son art et y obtient succès commercial et reconnaissance artistique auprès d’une nombreuse clientèle privée jusqu’au début des années 1820. Sambat a laissé un document curieux, un cahier de comptes où sont notés au jour le jour, à côté de la liste de ses œuvres, les principaux évènements politiques entre 1790 et 1826. Ce document, partiellement publié par Jean Guiffrey[1], est entièrement daté selon le calendrier révolutionnaire, l’année 1826 devenant l’an XXXV ! On cite peu d’exemple d’une pareille fidélité aux idéaux révolutionnaires. Sa fille Agiathis, née en 1798, formée par son père, a été une fidèle copiste pour le baron Gérard et a épousé le fils du poète Fabre d’Eglantine.

 

Notre miniature, datée selon le calendrier révolutionnaire comme il se doit – l’an IX correspondant à l’année 1800-1801 –, nous montre deux jeunes gens, probablement deux frères, dont l’aîné, qui tient un porte-crayon et un carton à dessins, est en train de dessiner une sculpture représentant l’Apollon du Belvédère, tandis que le plus jeune tient un autre porte-crayon. Bien que le carnet de notes de l’artiste compte plus de 1000 numéros, les œuvres de Sambat sont aujourd’hui particulièrement rares. Nous pouvons citer les miniatures conservées au musée du Louvre, à la Wallace Collection de Londres, dans la Tansey Collection of Miniatures de Celle, au Cincinnati Art Museum ou encore à Milan, à la Biblioteca Nazionale Braidense qui conserve le beau double portrait de l’écrivain Alessandro Manzoni et de son épouse Enrichetta Blondel.

 


[1] J. Guiffrey, « Sambat peintre de miniatures et sa fille Agiathis », L’Art, revue hebdomadaire ou bi-mensuelle illustrée, n°59, 1894, p. 16-25.



 
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