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Georges Bottini

Paris, 1874 – 1907

 

La Parisienne, vers 1895

 

Pinceau et encre de Chine

240 x 140 mm

Signé en bas à droite : G. Bottini

 

 

D’origine italienne, fils d’un coiffeur de la rue Fontaine, Bottini fait ses débuts à l’atelier Cormon. Pour gagner sa vie, il travaille pendant quelques années comme restaurateur mais dès 1899, il expose ses oeuvres, tout d’abord chez Kleinmann, puis chez Druet. Comme Toulouse-Lautrec, Bottini a été le peintre de la vie parisienne. Il trouve ses sujets au Moulin de la Galette, au bal Tabarin, dans les bars anglais de l’avenue de Trudaine, et même dans les maisons closes. Lors de sa première exposition, Bottini est salué comme un maître par Gustave Geffroy, qui montre de façon définitive que « le monde de la galanterie a bien aussi sa douleur sous son cynisme ». Les titres des principaux tableaux de Bottini témoignent bien des caractéristiques de son œuvre. Citons quelques-uns des plus fameux : Promenoir buvette aux Folies Bergères, La fiancée du peintre dans son intérieur, Lesbiennes, Maison close, Cabinet particulier, Red Woman, Cyclistes au bar. Malheureusement, Bottini ne peut accomplir l’œuvre dont il avait rêvé. Ayant contracté à 15 ans une maladie vénérienne, il est atteint très jeune de folie et meurt à l’âge de trente-et-un ans dans un asile.

 

Notre élégante est bien représentative des scènes de rue, de sortie de café et de bals peintes, gravées ou dessinées par Bottini. Le thème de la femme longiligne et apprêtée - qu’elle soit demi-mondaine ou femme de la bonne société - est récurrent dans son œuvre. On la retrouve souvent, dans les années 1890, au premier plan de ses dessins et esquisses comme dans Un Couple dansant (pierre noire et aquarelle, Canada, collection particulière)[1], mais aussi, dans un style plus travaillé, dans les affiches réalisées à la même époque (Cycles Médinger, 1897, Paris, musée de l’Affiche et de la Publicité). Avec sa silhouette sinueuse, et presque en aplat, notre élégante fait également écho aux compositions des Nabis et en particulier de Félix Vallotton, contemporain de Bottini (F. Vallotton, La Modiste, 1894). On retrouve dans toutes ces œuvres le synthétisme du dessin et les traits cernés, voire cloisonnants, qui ont fait la renommée de ces artistes à la fin du XIXème siècle.

 


[1] E. Carter Southard, George Bottini : painter of Montmartre, Miami, Mount Vernon et Toronto, 1984, n°3.



 
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