Logo Gallerie Terrades
Petit logo Gallerie Terrades

Pierre Mérelle

Paris, 1713 – 1782

 

Dominique Pineau en artiste, vers 1750

 

Pastel sur parchemin

450 x 360 mm

Annotation ancienne au verso de l’encadrement : Dominique Pinault / Sculpteur-graveur, officier / de l’Académie de St Luc / 1718-1786 / Sculpteur des Bâtiments du Roy

 

Provenance

Dominique Pineau (1718-1786)

Son fils, François-Nicolas Pineau (1746-1823), militaire et architecte

Son fils, Pierre-Dominique Pineau (1787-1860), médecin

Son fils, Jean-Nicolas-Paul Pineau (1817-1869), pharmacien

Son fils, Pierre-Dominique Pineau (1842-1886), architecte

Emile Biais (sans marque, voir Lugt 363)

 

Bibliographie

E. Biais, Les Pineau, sculpteurs, dessinateurs des bâtiments du Roy, graveurs, architectes (1652-1886), Paris, 1892, p. 33

E. Biais, « Nicolas Pineau, dessinateur, sculpteur, architecte, inventeur du contraste, 1784-1754 », Réunion des Sociétés des Beaux-Arts des Départements, 1899, p. 387, note 2

N. Jeffares, « Pierre Mérelle », Dictionnary of pastellists before 1800, édition en ligne, n°J.532.119

 

 

Fils du portraitiste Pierre-Paul Mérelle, Pierre Mérelle se forme dans l’atelier paternel. Reçu à l’Académie de Saint-Luc en 1760, il semble avoir peu participé aux expositions de cette assemblée. Sa spécialité est le portrait au pastel, parfois réalisé d’après des œuvres de Boucher, Nattier ou Liotard. Par ailleurs, Mérelle a réalisé de nombreuses œuvres galantes, aujourd’hui perdues, qui devaient être proches de peintures de Boucher. Mais les liens avec ces différents artistes étaient aussi personnels : François Boucher est témoin au mariage de Mérelle en 1754 et certains portraits de ce dernier, cités dans les inventaires anciens, sont parfois décrits comme retouchés par Boucher ; en 1747, Mérelle est témoin au mariage de la fille aînée de Nattier avec le portraitiste Tocqué.

 

Mérelle était également proche de Pierre Prault (1685-1758), important libraire, éditeur et imprimeur à Paris sous Louis XV. C’est probablement par ce dernier que Mérelle entre en contact avec la famille Pineau : Jeanne-Marine Prault (1720-1748), fille de Pierre, épouse en 1739 Dominique Pineau (1718-1786). Fils et élève de Nicolas Pineau (1684-1754), Dominique se fait connaître comme sculpteur sur bois et ornemaniste. Mais, comme son père, s’il est surtout connu pour avoir fourni des dessins pour des sculptures sur bois (boiseries, lambris, meubles, cadres mais aussi autels, baldaquins, etc.), Dominique pouvait également donner des modèles pour des caisse de carrosse, des rampes, des pièces d’orfèvrerie ou de bronze. On associe toujours le nom des Pineau à celui de Meissonnier comme inventeurs du style rocaille, ce « contraste dans les ornements » si bien décrits par l’architecte Jacques-François Blondel.

 

Pour ce groupe familial, Mérelle a réalisé plusieurs portraits au pastel : celui de Pierre Prault (localisation inconnue), celui de Nicolas Pineau (localisation inconnue) et deux portraits de Dominique. Le premier, aujourd’hui perdu, est connu grâce à l’estampe réalisée par Jean-Michel Moreau : le maître est représenté de manière formelle, la tête de face, coiffé d’une perruque à trois rangs de boucles, avec cravate blanche et jabot de dentelles. Dans le second, que nous présentons ici, Dominique Pineau est représenté plus jeune et en artiste : la tête couverte d’un foulard de soie des Indes, vêtu d’une veste de soie bleu pâle sur une chemise largement ouverte. L’accoutrement est proche de celui du portrait du père de Dominique, Nicolas (fig. 2), lui aussi représenté en artiste. Le regard est tourné vers la gauche, comme si le modèle cherchait l’inspiration de ce côté. Tout ici démontre l’habileté de Mérelle dans ce médium si difficile qu’est le pastel et il réussit parfaitement une effigie d’une belle intensité psychologique et d’une grande qualité technique.

 

Ce pastel provient de la succession de Pierre-Emile Biais (1850-1932), archiviste, historien et conservateur du musée d’Angoulême. Très proche de la famille Pineau dans les années 1880, c’est lui qui semble avoir recueilli l’ensemble des archives familiales (comprenant documents, dessins, portraits de famille, correspondances, etc.) après la disparition en 1886 de Pierre-Dominique Pineau, dernier descendant en ligne directe de Nicolas et Dominique Pineau. Devenu le spécialiste de la famille Pineau, il publie plusieurs ouvrages qui font encore aujourd’hui autorité. Si une partie des dessins du fonds Pineau (plus de 450) sont cédés en 1908 au musée des Arts Décoratifs de Paris, les portraits sont restés dans sa descendance jusqu’à aujourd’hui.



 
Retour