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Paul-César Helleu

Vannes, 1859 – Paris, 1927

 

L’Éventail, vers 1890

 

Pierre noire, lavis d’encre de Chine et lavis violet

305 x 375 mm

Signé en bas à droite : Helleu

Dessin reproduit dans Le Courrier Français[1]

 

 

Paul Helleu commence son apprentissage dans l’atelier de Gérôme à l’Ecole des Beaux-arts en 1876 et se lie durablement avec John Singer Sargent ainsi qu’avec Monet qu’il rencontre à la deuxième exposition impressionniste. Le jeune homme se rapproche alors des artistes qui fuient l’académisme : Whistler, Degas, Forain, Boldini et Stevens, mais décline l’invitation de Degas à participer à la sixième exposition impressionniste de 1886. L’année suivante, Helleu est introduit dans le gratin du faubourg Saint-Germain par le comte Robert de Montesquiou avec qui il partage la même passion pour les hortensias bleus. Il y fait la rencontre de la comtesse de Greffulhe et de Marcel Proust auquel il inspirera le personnage d’Elstir dans A la recherche du temps perdu. Helleu devient alors un portraitiste à la mode et se rend à trois reprises aux Etats-Unis, sollicité par les riches américaines qui s’arrachent ses portraits à la pointe sèche. Il expose avec succès des intérieurs de cathédrales, des vues de parc de Versailles et excelle également dans la représentation des régates auxquelles il participe à Trouville ou à Cowes.

 

L’éventail, accessoire aristocratique et féminin par excellence, connait un âge d’or durant le XVIIIe siècle. S’il disparait au début du XIXe siècle, il ressurgit durant le Second Empire et, jusqu’à 1914, connaît alors un second âge d’or. C’est alors qu’il peut être utilisé comme support pour des poèmes de Mallarmé ou peint par Manet et Gauguin. C’est aussi durant cette époque qu’il atteint sa taille maximale, comme dans cet éventail représenté par Helleu. De type « plié », avec des brins servant de support à une feuille de papier simplement décoré d’un papillon (peut-être une allusion à la signature de Whistler), notre éventail est largement ouvert par son propriétaire, une jeune femme à l’air mélancolique qui semble épier une conversation. Ce dessin a été reproduit dans le journal satirique Le Courrier français illustré. Fondé en 1884 et dirigé par Jules Roques, cet hebdomadaire représente vers 1895 l’esprit léger et sarcastique du Paris fin-de-siècle et accueillit l’élite des dessinateurs de son temps, Jules Chéret, Jean-Louis Forain, Hermann-Paul, Henri Pille ou Adolphe Willette.

 


[1] Au verso de l’ancien encadrement, étiquette ancienne avec : Helleu / célèbre dessinateur et graveur / L’éventail, dessin / reproduit dans « Le Courrier français » / acquis en vente publique à l’hôtel Drouot / par les soins de M. Schoeller / pour la somme de 100 francs plus les frais / cadre 50 francs



 
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