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Jean-Louis Forain

Reims, 1852 – Paris, 1931

 

La Parisienne, vers 1900

 

Aquarelle sur préparation à la pierre noire

450 x 254 mm

Monogrammé en bas à droite

 

Provenance

Stefanie Maison, Londres

 

 

Champenois d’origine modeste, Forain arrive à Paris à l’âge de 11 ans. Déjà, il ne s’intéresse qu’au dessin. Après un passage dans l’atelier de Carpeaux, d’où il est renvoyé à 17 ans, il fréquente celui de Gérôme à l’Ecole des beaux-arts. Suivent des années de bohème et un premier refus au Salon de 1874, avant qu’il ne fasse la connaissance de Huysmans, puis celle de Manet et de Degas. Ce dernier, qui apprécie la causticité et l’effronterie de son cadet, l’invite à se joindre à la quatrième exposition impressionniste, tandis que Durand-Ruel montre ses toiles à New York. Forain commence également à fournir des dessins accompagnés de légendes souvent féroces au Courrier français puis au Figaro, auquel il collaborera pendant près de quarante ans. De l’Opéra et des Folies Bergères à la salle des pas perdus du Palais de Justice, cet héritier de Daumier est un observateur rarement tendre de la comédie humaine.

 

Forain se plaît à décrire ses contemporains même dans la rue. Notre Parisienne est ainsi caractéristique de l’attrait de Forain pour les scènes de la vie contemporaine. Cet intérêt pour les scènes de la vie quotidienne, Forain l’a acquis dès ses débuts, dans les années 1870 alors qu’il est le plus jeune artiste à assister aux discussions enfiévrées menées par Manet et Degas au Café Guerbois. Ici, vers 1900, Forain se plaît à dépeindre une jeune femme en manteau court avec écharpe, la tête couverte d’un chapeau haut et tenant à la main un manchon, signe que la scène a été saisie durant l’hiver. La vivacité et la spontanéité du trait sont privilégiées par l’emploi de l’aquarelle tandis que la fluidité des couleurs apporte une fraîcheur et un éclat tout particulier. Forain montre ici cette prédisposition pour la technique de l’aquarelle dont la rapidité d’exécution exclusive de tout repentir convient bien à son tempérament. Notre Parisienne illustre à merveille le commentaire de Huysmans sur les aquarelles de l’artiste qui « décèlent […] un sens très particulier et très vif de la vie contemporaine ; ce sont des petites merveilles de la réalité parisienne et élégante »[1].

 


[1] J.-K. Huysmans, L’Art moderne, « Le Salon de 1879 », Paris, 1883, p. 59.



 
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