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Edouard Detaille

Paris, 1848 – 1912

 

La Parisienne et le prince de Galles, 1897

 

Pierre noire, plume et encre de Chine, aquarelle et gouache

220 x 130 mm

Signé, daté et annoté en bas à droite : A Michel d’Agostino / Edouard Detaille / 1897

 

 

Issu d’une famille bourgeoise aisée, Edouard Detaille passe son enfance dans une maison fréquentée par de nombreux militaires. Elève de Meissonier, il gardera le goût du travail minutieux et de la peinture sur panneau. Au Salon de 1867, il expose La Halte du tambour, prélude à de multiples tableaux aux titres évocateurs : Le Régiment passe, Salut aux blessés et autre Souvenir de manœuvres. Pendant la guerre de 1870, Detaille aura une conduite héroïque et il devient ensuite le peintre officiel de l’armée. S’il trouve le plus souvent son inspiration dans l’épopée napoléonienne ou dans les épisodes de la guerre franco-prussienne, il ne dédaigne pas pour autant l’actualité contemporaine : ainsi Les Funérailles de Pasteur ou encore Victime du devoir, hommage aux sapeurs-pompiers parisiens. Il participe à la décoration de l’abside du Panthéon avec La Chevauchée de la Gloire en 1889. Médaillé d’honneur en 1888, il est nommé membre de l’Académie des beaux-arts en 1892 et préside la Société des artistes français de 1895 à 1898.

 

Edward (1841-1910), fils ainé de la reine Victoria et du prince Albert, sera l’héritier de la Couronne britannique sous le titre de prince de Galles durant près de 60 ans. Le prince de Galles prend contact pour la première fois avec la France en 1855 alors qu’il n’avait pas encore quinze ans, à l’occasion de la visite de la famille royale anglaise à Napoléon III après la guerre de Crimée. Ce dont le jeune prince avait pu apercevoir de la vie parisienne lui aura tellement plu qu’il fréquentera la capitale française à de très nombreuses reprises jusqu’à son accession au trône en 1901. Après la guerre franco-prussienne, rarement une année ne s’écoule sans que le prince de Galles ne s’arrête à Paris plus ou moins longtemps. Durant ses séjours, il descend le plus souvent au Bristol où, par souci d’anonymat, il prend le titre de duc de Lancaster ou celui de comte de Chester[1].

 

Detaille et le prince de Galles se connaissaient personnellement et ce dernier avait beaucoup d’admiration pour le talent de l’artiste. En 1897, l’année de notre dessin, Detaille peint une revue des troupes britanniques effectuée par le prince, œuvre donnée par le prince à sa mère pour son jubilé de diamant cette même année. Encore en 1910, quelques mois avant son décès, Edouard VII demande à la comtesse de Greffulhe d’inviter l’artiste à diner afin d’être assis à la table de Détaille qu’il qualifiait de « plus grand peintre français vivant ». Notre feuille montre le prince de Galles en grand uniforme, regardant au travers de son binocle un jeune parisienne. Elle illustre cette passion connue qu’avait le prince pour les jolies femmes. Dans sa jeunesse, malgré son mariage avec la princesse Alexandra de Danemark en 1863, le prince de Galles gagne une réputation de séducteur qui ne le quittera plus et il multipliera les maîtresses – dont l’actrice Sarah Bernhardt ou la cantatrice Hortense Schneider, pour n’évoquer que les françaises – tout au long de sa vie.

 


[1] C. Hibbert, Edouard VII: The Last Victorian King, 1976, p. 238.



 
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