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Hubert Robert

Paris, 1733 - 1808

 

Dans les ruines des thermes de Caracalla, 1762

 

Sanguine

420 x 330 mm

Annoté en bas à droite : 1762 / Caracalla

 

Provenance

Jean Masson (Lugt 1494a) 

Vente de sa collection, Paris, 6 décembre 1923, n°141

 

 

Fils d’un valet de chambre du marquis de Stainville, Hubert Robert fait son apprentissage dans l’atelier du sculpteur Michel-Ange Slodtz. En 1754, grâce à l’appui de Stainville (futur duc de Choiseul), il obtient une place à l’Académie de France à Rome. Ce séjour en Italie – qui durera onze ans –, son séjour à Tivoli et à Naples en 1760 avec Jean-Honoré Fragonard et l’abbé de Saint-Non, sa rencontre avec Piranèse et sa découverte de l’art de Panini imprègnent en profondeur l’art de Robert, caractérisé par un équilibre établi entre sa fascination pour l’architecture et son goût pour la représentation de la vie quotidienne. En juillet 1765, Hubert Robert rentre à Paris où il connaît très vite le succès. Académicien dès 1766, il expose dès lors régulièrement au Salon et va mener durant vingt ans une brillante carrière, proche de la Cour. Il développe dans de grandes compositions les esquisses croquées en Italie, exécute de nombreuses vues de Paris et de parcs célèbres et, en 1783, commence la série des monuments du Midi de la France, aujourd’hui conservée au Louvre. L’artiste n’échappe pas aux troubles de la Révolution. Arrêté comme suspect en 1792, il est sauvé par le 9 Thermidor et retrouve une fonction officielle en 1795, siégeant au côté de Fragonard à la Commission du Museum Central des Arts, le futur musée du Louvre.

 

Les années 1762-1763 sont des années exceptionnelles dans l’œuvre d’Hubert Robert. A l’issue du printemps 1762, le pensionnaire relève d’une grave maladie, tandis que l’automne voit la fin de ses études à l’Académie de France en tant que pensionnaire, ce qui ne l’empêche pas de poursuivre son séjour à Rome, où il est accueilli par le bailli de Breteuil jusqu’à son départ pour Paris. On connait un corpus assez important de sanguine de grand format datées 1762-1763, la plupart étant des vues exécutées sur la colline du Capitole ou, juste à côté, dans le forum. Cet ensemble de sanguines a été ensuite employé par Robert comme source de motifs pour ses tableaux et dessins après son retour en France.

 

Notre feuille, datée 1762, s’inscrit tout à fait dans cet ensemble. A cette époque, Robert, ayant acquis une grande dextérité durant son séjour à l’Académie de France, exécute ses sanguines sur le motif, avec une grande rapidité. Ici, il s’est placé dans les ruines des thermes de Caracalla, un endroit qu’il a curieusement peu représenté. Il s’est probablement placé dans le hall central et réalise une vue proche de celle représentée par Giovanni Battista Piranesi dans sa planche des Vues de Rome, Les Bains de Caracalla : intérieur du hall central (Hind 77). L’artiste se montre nerveux et précis dans le tracé des lignes des architectures. Il joue avec le grain du papier pour créer les ombres du premier plan qui s’opposent aux parties laissées en réserve, cela afin de suggérer la projection de la lumière méridionale sur les façades des ruines. Robert dessine ensuite les silhouettes des deux bergers du premier plan, dont la petite taille accroît l’échelle des lieux. La franchise de l’angle de vue frontal alliée à l’écriture nerveuse de la feuille est tout à fait caractéristique de la production des sanguines exécutées vers 1762-1763.



 
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