Logo Gallerie Terrades
Petit logo Gallerie Terrades

Louis II de Boullogne

Paris, 1654 – 1733

 

La Présentation du Christ au Temple, 1715

 

Pierre noire et rehauts de craie blanche sur papier bleu

365 x 420 mm

Annoté à la plume en bas à gauche : Callet ; annoté au verso à la plume : Callet n°12

Cachet du monteur François Renaud en bas à droite (Lugt 1042)

 

Œuvre en rapport

La Présentation du Christ au Temple, Paris, musée du Louvre

 

Elève de son père, Louis I Boullogne, et très proche de son frère Bon Boullogne qui bénéficia de la même formation que lui dans l’atelier familial, Louis II obtient le grand prix de l’Académie royale en 1673. En Italie, s’il copie Raphaël et l’antique, sa curiosité le porten avant tout vers les peintres de la Renaissance comme le Corrège ou Titien. A son retour à Paris, il est reçu à l’Académie royale en 1681 mais ne s’impose vraiment qu’avec le succès de son premier May pour Notre-Dame en 1686 (Le Christ et le centenier, Arras, musée des Beaux-Arts). Peintre d’histoire très apprécié de Louis XIV, il participe aux grands chantiers de décoration du château de Versailles, du Grand Trianon et des châteaux de Marly et de Meudon. Parallèlement, Louis de Boullogne mène une brillante carrière de peintre religieux et reçoit d’importantes commandes : il participe vers 1700 à tous les grands chantiers de la couronne, tels que la chapelle Saint-Augustin de l’église des Invalides ou la chapelle de Versailles. Après 1715, il cesse progressivement toute activité de peinture et fournira des dessins de médailles à la gloire de Louis XV. Anobli en 1724, il succède à Antoine Coypel dès l’année suivante dans la fonction très enviée de Premier peintre du roi.

 

Le vœu de Louis XIII, par lequel le roi avait promis de placer le royaume sous la protection de la Vierge s’il venait à avoir un fils, est enfin réalisé grâce au chanoine Antoine de La Porte. En 1709, celui-ci propose en effet d’avancer les fonds nécessaires à la réalisation d’un grand cycle sur la vie de la Vierge pour le chœur de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris. Huit toiles sont alors commandées aux plus célèbres artistes de l’époque dont Jean Jouvenet, Antoine Coypel ou Louis de Boullogne. Ce dernier réalise Le Repos pendant la fuite en Egypte (Arras, musée des Beaux-Arts) et La Présentation du Christ au Temple, conservée au musée du Louvre. Au centre de la composition, la Vierge recueillie est agenouillée devant le vieillard Siméon tenant le Christ dans ses bras et s’adressant à Dieu : « Maintenant, Souverain maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur aller en paix ; car mes yeux ont vu ton salut » (Evangile selon saint Luc, chapitre 2, versets 29-39). La prophétesse Anne et Joseph, portant les deux tourterelles du sacrifice, se trouvent au deuxième plan.

 

Boullogne a longuement travaillé à cette composition, ce dont témoignent la vingtaine de dessins préparatoires de détails conservés au musée du Louvre et dans une collection particulière[1]. Mais les dessins d’ensemble de la composition sont plus rares. Jusqu’à présent, un seul était connu, conservé au Städel Museum de Francfort-sur-le-Main[2]. Avec son côté esquissé, voire inachevé, notre feuille constitue probablement la toute première étude pour cette importante composition. Boullogne avait probablement arrêté une composition avec l’autel à gauche et la Vierge à droite qu’il a ensuite inversé, pour une raison inconnue, pour réaliser le dessin de Francfort. Par la suite, Boullogne a réalisé les études de détails, une esquisse peinte (commerce d’art en 2008) et le tableau du Louvre. Avec ses hachures à la pierre noire et ses rehauts de craie blanche indiquant les valeurs d’ombres et de lumières, notre feuille permet donc de mieux saisir le processus créateur de l’artiste. On peut remarquer que notre dessin et celui de Francfort semblent être restés ensemble durant presque un siècle car ils ont été montés tous les deux par François Renaud (actif à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle).

 


[1] H. Guicharnaud, « Les dessins préparatoires, conservés au Louvre, des tableaux de Louis de Boullogne pour le vœu de Louis XIII au chœur de Notre-Dame-de-Paris », Gazette des Beaux-Arts, octobre 1989, p. 127-142 ; H. Guicharnaud, « Louis de Boullogne et le chœur de Notre-Dame-de-Paris : dessins préparatoires inédits d’un album inconnu », Dessins français au XVII et XVIIIe siècle, XVIIe Rencontres de l’Ecole du Louvre, Paris, 2003, p. 289-299.

[2] H. Bauereisen et M. Stuffmann, Französische Zeichnungen im Städelschen Kunstinstitut, 1550 bis 1800, Städelschen Kunstinstitut, Francfort-sur-le-Main, 1986, n°53, p. 69.



 
Retour