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Victor Gilbert

Paris, 1847 – 1935

 

Le Bouquet blanc, 1877

 

Huile sur panneau

11 x 15,3 cm

Signé et daté en haut à gauche : VGilbert 1877

 

 

Né dans un milieu modeste, Victor Gilbert souffre d’une santé fragile durant son enfance, ce qui l’empêche de suivre la carrière de son père, charpentier pour Pleyel. Ses dispositions naturelles pour le dessin sont cependant remarquées par sa famille, mais celle-ci est trop pauvre pour l’inscrire à l’École des Beaux-Arts. Aussi, est-il placé à l’âge de treize ans comme apprenti chez Eugène Adam, peintre et décorateur. Il y travaille la journée, et le soir suit des cours d’art sous la direction du Père Levasseur, à l’École de la Ville de Paris. Gilbert commence à exposer des natures mortes au Salon à partir de 1873. Rapidement, il reçoit le support financier du père Martin, sympathique marchand de couleurs devenu le génial marchand de Boudin et de Jonkgind et dont la boutique de la rue Laffitte était un centre artistique depuis les années 1850. Il rencontre alors suffisamment de succès pour qu’il puisse abandonner la peinture décorative et se consacrer à son sujet favori : la vie à Paris avec ses scènes de rues, ses cafés et ses marchés. Devenu le peintre « officiel » des Halles de Paris – au moment où elles entrent en littérature avec la publication en 1873 du Ventre de Paris d’Emile Zola –, Gilbert multiplie les vues montrant la vie des petits marchands sur les marchés, reflets de l’énergie et du dynamisme du Paris de l’époque. Au Salon de 1880, son Coin du marché au poisson, le matin est acquis par l’Etat pour le musée des Beaux-Arts de Lille.

 

En dehors de ses scènes des Halles, Gilbert s’est plu à représenter les marchés aux fleurs parisiens, comme dans Le Marché aux fleurs de la Madeleine (collection particulière). Il réalise également, à la même époque, de petites natures mortes pleines de charme comme ce Bouquet de coquelicots (collection particulière) ou notre Bouquet blanc. Posé sur un rebord de table couvert de tissu, un bouquet voisine avec une paire de gants et une boite à bijoux. C’est probablement le pendant – féminin – d’un panneau de mêmes dimensions représentant également un bouquet posé sur une table mais avec des gants d’homme, un chapeau haut-de-forme et une canne (collection particulière)[1]. C’est l’opposition entre l’ombre et la lumière – le noir du fond et le blanc des fleurs, du papier et des gants –, et ce clair-obscur incertain que Gilbert cherche à saisir. Et cette véritable étude de matière où l’artiste tire parti de la cassure d’un pli, d’une ombre portée ou d’un effet de reflet sur le papier permet à Gilbert de rendre toute la subtilité d’un univers clos.

 


[1] Huile sur panneau, 11,5 x 17 cm (New York, Sothebys, 18 juillet 1997, n°589).



 
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