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Jean-Baptiste Adolphe Gibert

Pointe-à-Pitre, Guadeloupe, 1803 – Paris, 1889

 

Le Vésuve depuis la baie de Naples, vers 1832

 

Huile sur papier marouflé sur toile

21,4 x 33,5 cm

 

Provenance

Atelier de l’artiste

Par descendance, collection particulière

 

Bibliographie

Jean-Baptiste Gibert, 1803-1883, Galerie Emmanuel Moatti, Paris & New York, 2001, n°36

 

 

Né à Pointe-à-Pitre en 1803, Gibert arrive à Paris en 1821 pour entrer dans l’atelier de Guillaume Guillon-Lethière, lui aussi originaire de la Guadeloupe et probablement une connaissance des parents de l’artiste. A l’Ecole des Beaux-Arts, Gibert remporte le premier Grand prix de paysage historique en 1829 avec sa Mort d’Adonis (Paris, Beaux-Arts).  Résidant à la Villa Médicis entre 1830 et 1833, Gibert se forme à la fois à la peinture d’histoire et au paysage sur nature. C’est également à Rome qu’il rencontre sa femme, Mariana Cenci dite Mariuccia, un modèle recherché qui pose à l’Académie pour Schnetz, Ingres ou Navez. De retour à Paris en 1833, Gibert entame une carrière de paysagiste, exposant régulièrement au Salon. En 1839, il est l’un des premiers à visiter l’Egypte. C’est ainsi qu’en 1849, il est amené à conseiller Maxime Du Camp pour son propre voyage, avec Gustave Flaubert, sur les bords du Nil. Tous se retrouvent à Rome l’année suivante où Gibert s’est installé définitivement. D’une famille fortunée, même si elle a connu des revers de fortune, Gibert n’avait pas besoin de peindre pour vivre et sa production est assez limitée.

 

S’il a été admis à l’Académie de France à Rome comme peintre d’histoire, Gibert découvre cependant à la Villa Médicis le paysage. Avec ses pairs, Gibert part dessiner et peindre dans la campagne romaine et réalise alors de nombreuses huiles sur papier. Totalement oubliées, ces dernières ont été redécouvertes lorsqu’un carton les contenant a été retrouvé chez les descendants de l’artiste. Exposées en 2001 à Paris et à New York, ces huiles sur papier firent alors sensation par leur qualité et la fraicheur de leur inspiration. Notre vue du Vésuve fait partie de cet ensemble.

 

Cette œuvre a été réalisée vers 1832, à l’occasion d’un voyage de Gibert dans le sud de l’Italie et en Sicile dont témoigne une Vue de Segeste exposée au Salon de 1834. La vue est prise d’une maison au bord du littoral vraisemblablement à Pizzofalcone, alors un élégant lieu de villégiature près de Naples. La lumineuse évocation du Vésuve peinte par Gibert nous montre une montagne placide, au sommet de laquelle seul un léger panache de fumée blanche suggère la faible activité du cratère. Voilé par la brume de chaleur, le Vésuve semble paisible, son apparente stabilité marquée de puissantes horizontales. La fluidité d’exécution est révélatrice du désir pressant ressenti par l’artiste de saisir la fugitive lueur de l’aube avant qu’elle ne disparaisse dans le jour naissant. La préparation teintée de rose du papier est encore visible sous les couleurs diaphanes, rappelant les esquisses de Pierre-Henri de Valenciennes.



 
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