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Celso Lagar

Ciudad Rodrigo (Salamanque), 1891 – Séville, 1966

 

La Chanteuse Lucienne Boyer, 1932

 

Huile sur carton

80 x 46 cm

Signé en bas à gauche : Lagar

Annoté au verso par l’artiste : Lucienne Boyer / artiste dans la / chanson des pêcheurs / Lagar 1932

 

Provenance

José Riquelme y López-Bago (1880-1972)

Par descendance, collection particulière

 

 

La formation initiale de Celso Lagar a lieu dans l’atelier de son père, Gumersindo, un ébéniste spécialisé dans les sculptures religieuses. A partir de 1907, il entre dans l’atelier du sculpteur catalan Miquel Blay, avant de rejoindre l’école Llotja à Barcelone en 1910. Une année plus tard, Lagar s’installe à Paris grâce à une bourse accordée par le conseil municipal de sa ville natale, Salamanque, avec toujours la sculpture comme occupation principale. C’est à cette époque qu’il se lie d'amitié avec Amadeo Modigliani – qu’il portraiture en 1915 – , Joseph Bernard et Jean Metzinger – qu’il peint également – et que ses intérêts artistiques se déplacent progressivement vers la peinture au détriment de la sculpture. Après la Première guerre mondiale, Lagar entame la période la plus productive et la plus intéressante de sa carrière. Les natures mortes, les paysages et les scènes de cirque deviennent ses thèmes favoris et, après avoir flirté avec le cubisme et le fauvisme, il définit son propre style dans le sillage de Picasso. Après la Seconde guerre mondiale, les dernières années de la vie de l’artiste sont marquées par la mort de sa femme Hortense en 1956, plongeant l’artiste dans une profonde dépression qui le conduit à être admis au centre psychiatrique de Sainte Anne. Recueilli par une de ses sœurs à Séville en 1964, il y meurt deux ans plus tard.

 

C’est durant sa période la plus féconde que Lagar réalise ce portrait de la chanteuse Lucienne Boyer (1901-1983). Née à Paris, près de Montparnasse, Émilienne-Henriette Boyer est la fille d’un plombier et d’une couturière. Devenue mannequin, sa beauté attire des peintres tels que Picasso et Foujita, dont elle devient le modèle attitré. Vers 1916-1917, elle fait ses débuts de chanteuse au théâtre de l’Athénée ou à l’Eldorado, inaugurant une longue carrière dont le tournant est la chanson Parlez-moi d'amour, écrite pour elle par Jean Lenoir. La décennie triomphante de Boyer est celle de 1930, où elle devient une artiste internationale, réalisant plusieurs tournées aux Etats-Unis et en Amérique du Sud. C’est à l'apogée de sa carrière que Celso Lagar la représente sur les bords de la Seine, avec la cathédrale Notre-Dame en arrière-plan. A la même époque, Lagar représente de la même manière d’autres chanteuses comme Edith Piaf et Marianne Oswald (Edith Piaf, vers 1932-1935, collection particulière ; Marianne Oswlad, 1934, Salamanca, Museo Casa Lis). Ces trois chanteuses populaires sont figurées en pied, dans la rue, entourées de musiciens et de personnages parisiens. Il s’agit d’évoquer l’univers musical de chaque chanteuse, avec un mélange de sensibilité et de crudité qui fait partie du lyrisme de Lagar.

 

Notre tableau provient des collections de José Riquelme y López-Bago (Tarragone, 1880 - Paris, 1972). Militaire de carrière dont la vie professionnelle est essentiellement liée au Maroc espagnol, il prend le parti des Républicains durant la Guerre civile de 1936 et s’occupa de la défense de Madrid. Après la guerre, il part en exil à Paris en 1939. Riquelme semble avoir été en contact direct avec les artistes espagnols de la capitale française et sa collection comportait, outre le portrait de Lagar, des œuvres d’Oscar Dominguez, Ismaël González de la Serna et Antoni Clavé.



 
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