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Guillaume Bodinier

Angers, 1795 – 1872

 

Portrait de jeune femme en blanc, vers 1830

 

Huile sur toile

60,5 x 50 cm

Signé du monogramme en bas à droite : G.B.

 

 

Originaire d’Angers, Guillaume Bodinier arrive à Paris en 1815 pour étudier le droit. Passionné de dessin, il entre cependant rapidement dans l’atelier de Pierre-Narcisse Guérin où il se lie avec la nouvelle génération de peintres romantiques tels que Géricault, Delacroix et Léon Cogniet. Après deux échecs au concours du prix de Rome, Bodinier part en Italie par ses propres moyens pour suivre son maître qui vient d’être nommé directeur de la Villa Médicis. Là, délaissant la peinture d’histoire, il s’intéresse aux paysages et aux habitants, qu’il peint dans leurs activités et costumes traditionnels avec une précision du détail presque ethnographique. Ayant hérité de son père une fortune qui lui offre une certaine liberté, Bodinier effectue alors des allers-retours entre la France et l'Italie, revenant en France à l’occasion des Salons pour présenter ses tableaux. De retour à Angers en 1848, il continue à peindre en s’inspirant du très vaste ensemble de dessins ramené d’Italie tout en découvrant l’Anjou comme source d’inspiration. Après sa disparition, sa veuve donne l’ensemble de son atelier au musée des Beaux-Arts d’Angers qui a consacré une exposition monographique à l’artiste en 2011.

 

A côté de ses scènes de genre au faire minutieux et à la touche précise comme la Demande en mariage, costumes d’Albano près de Rome (1825, Angers, musée des Beaux-Arts), Bodinier peint lors de son séjour en Italie plusieurs portraits, retrouvant souvent la formule dépouillée qui fait se détacher le personnage sur un fond de paysage (Portrait de Théodore Jubin, Rome, 1826, Williamstown, Clark Institute ; Portrait de Casimir Lecomte avec le Stromboli en arrière-plan, 1828, collection particulière, fig. 2). C’est le cas pour notre portrait de jeune femme en blanc où Bodinier appréhende son modèle en buste dans le naturel d’une pose sans apprêt : une toute jeune fille issue de la bonne bourgeoisie, sans doute représentée à l’occasion de son voyage en Italie du Sud. Vêtue d’une robe décolletée de mousseline blanche et de longs gants beige, les cheveux en boucles libres, notre jeune femme regarde directement le spectateur. La sévérité de l’attitude est contrebalancée par la fraîcheur et la douceur de l’expression de la jeune femme. Marqué par un sens du détail et une rigueur de la composition qui servent la pénétration psychologique, notre portrait combine également une touche finie pour le rendu du personnage et une touche plus libre dans le rendu du paysage, avec des contrastes audacieux d’ombre et de lumière. Cette figure féminine aux vêtements éclatants se détache sur un ciel clair : au loin, le Vésuve, ce roi du paysage napolitain et la baie de Naples. Avec ce Portrait de jeune fille en blanc, Bodinier a parfaitement su saisir toute la grâce fragile, le charme et l’innocence de cette jeune femme.



 
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