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Jean-Joseph-Xavier Bidauld

Carpentras, 1758 – Montmorency, 1846

 

Paysage ; étude d’après nature

 

Huile sur papier marouflé sur toile

22,5 x 27 cm

Sur le châssis, annoté : Bidauld / (à la vente de Gérard)

 

Provenance

Donné par l’artiste à son ami le peintre François Gérard 

Vente de l’atelier et de la collection du baron Gérard, Paris, 27 avril 1837, n°43 (Paysage, étude d’après nature, 50 f. à Brunet ?)

 

 

Fils d’un horloger mort jeune, Bidauld se forme auprès de son frère aîné Jean-Pierre-Xavier, peintre de genre et de paysage. Après des études à Lyon et un long voyage à Genève où il découvre la peinture hollandaise et le paysage de montagne qui marquent durablement sa manière, l’artiste est à Paris en 1783 où il copie les paysagistes des Pays-Bas comme Berchem ou Potter pour le compte du marchand de tableaux Dulac. C’est de cette période que date sa rencontre avec Joseph Vernet dont il bénéficie des conseils et qui exécute les figures de certains de ses paysages. Grâce à l’appui financier de Dulac, Bidauld peut enfin partir à Rome en novembre 1785 où il séjourne jusqu’en 1790. C’est là qu’il trouve définitivement sa manière, celle du paysage historique inspiré de Poussin, et recomposé en atelier selon les lois d’une composition poétique et harmonique. Rentré en France en 1790, il expose à tous les Salons, depuis 1791 jusqu’en 1844. Ses paysages d’Italie, de Fontainebleau ou d'Ermenonville ornent les maisons royales et les collections particulières des plus grands collectionneurs du temps, Joseph Bonaparte, Caroline Murat, le Comte de Girardin, le roi Charles IV d’Espagne ou encore les musées et les galeries du Luxembourg ou de Fontainebleau. Premier peintre de paysage à entrer à l’Institut en 1823, il se montre un juge intransigeant et est à l’origine du refus au Salon de 1836 des œuvres de Paul Huet et de Théodore Rousseau. Aux yeux de la critique et de la nouvelle génération de paysagistes, il restera pour longtemps le représentant honni de la tradition académique. Au lendemain de sa mort, Corot, pourtant, rappelle tout ce qu’il lui doit : « Je l’admire, moi, et je le respecte : car tenez, je lui dois beaucoup, sinon le meilleur de ma propre affaire. »[1]

 

L’un des premiers, avec Pierre-Henri de Valenciennes, Bidauld a laissé des études sur le motif qui témoignent d’un sentiment nouveau de la nature et suscitent aujourd’hui tout notre intérêt. Notre Paysage, avec une finesse incomparable de coloris et un grand sens de la perspective, est typique de ces études sur papier. Si la forme générale de la montagne au centre rappelle le Monte Cavo ou le Monte Sorate, tous deux situés dans les environs de Rome, il ne nous a pas été possible d’identifier plus précisément le site représenté. Le rendu subtil des frondaisons des arbres, la nuance fragile de la palette des verts, l’amplitude du paysage dans un petit format place cette œuvre parmi les ravissantes études réalisées par Bidauld au cours de ses années italiennes (1785-1790). Offerte par l’artiste au baron Gérard, cette étude se retrouve décrite dans la vente après-décès de l’artiste en 1837. Si nous ignorons tout des rapports entre Bidauld et Gérard, ils se sont forcément fréquentés dans le Paris de 1800. Nous retrouvons d’ailleurs leurs deux portraits dans l’Atelier d’Isabey peint par Boilly vers 1798. 

 

 

 


[1] Cité par J. Laurens, La Légende des ateliers, Carpentras, 1901, p 288.



 
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