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François Bonvin

Paris, 1817 – Saint-Germain-en-Laye, 1887

 

Une Bouteille d’encre, une plume d’oie et une lettre dépliée sur une table, 1878

 

Huile sur panneau

32,3 x 19,7 cm

Signé, dédicacé et daté en bas à gauche : 1878 / A Ph. Burty / F. Bonvin

Annoté au verso : N° 1 de la vente Burty mars 1891 / payé 480 fr

 

Provenance

Philippe Burty, critique d’art et collectionneur

Vente de sa collection, Paris, Hôtel Drouot, 2-3 mars 1891, n°1 (480 fr.)

 

Bibliographie

G. Weisberg, Bonvin, Paris, 1979, p. 110 et 231, n°162 bis

 

 

Fils d’un ancien garde-champêtre établi comme aubergiste à Vaugirard, François Bonvin hésite longtemps avant de quitter son emploi à la préfecture de police. C’est pendant son temps libre qu’il se forme au Louvre en copiant les maîtres flamands et hollandais. Inscrit en 1843 à l’Académie Suisse, il expose l’année suivante ses aquarelles à l’éventaire d’un marchand installé sous les arcades de l’Institut. En 1847, il est enfin accepté au Salon ; il y exposera jusqu’en 1880. A la brasserie Andler, il fréquente Courbet ainsi que les critiques Champfleury et, plus tard, Castanary. Homme de conviction, Bonvin expose en 1859 dans son atelier les œuvres refusées au Salon des artistes de la jeune génération : Ribot, Whistler, Fantin-Latour et Legros. En 1849, son Cuisinier lui vaut une médaille de troisième classe ; il est à nouveau médaillé en 1851 et son Ecole de jeunes filles est alors acquis l’Etat. Son réalisme, qui puise chez Chardin, Le Nain et les Hollandais du Siècle d’or, emporte l’adhésion de Thoré et de Champfleury qui exhument alors ces artistes. En 1867, Bonvin visite pour la première fois les Pays-Bas et, en 1870, part se réfugier à Londres. Ses dernières années sont assombries par la maladie et les soucis financiers et il ne profite guère de l’exposition organisée par ses amis pour lui venir en aide en 1887, l’année de sa mort.

 

A partir de 1876-1877, Bonvin souffre de la maladie de la pierre qui, revenant à intervalles réguliers coupés de périodes de rémissions, l’empêche de travailler à de grandes compositions. Il exécute alors une série de natures mortes de petit format sur panneaux de bois qui nous font comprendre son amour des choses simples et vraies : un chandelier, un moulin à café, un panier de prunes, un lapin et quelques champignons, son déjeuner et les objets qui lui sont familiers. Ici, une bouteille d’encre, une plume d’oie et une feuille de papier évoquent de manière simple et raffinée le métier d’écrivain. Cette représentation a été volontairement conçue pour son dédicataire, l’écrivain et critique d’art Philippe Burty (Paris, 1830 – Astaffort, 1890). Etroitement lié à l’essor des mouvements réaliste et impressionniste, à la mise en lumière de l’art japonais et à la réhabilitation de l’estampe originale, Burty voue à Bonvin une admiration lucide. L’amitié et l’estime réciproque des deux hommes ne faibliront jamais au cours des ans et plusieurs œuvres de l’artiste figurent dans la collection personnelle du critique dispersée en 1890, dont celle que nous présentons ici.

 

Nous remercions M. Gabriel Weisberg qui nous a aimablement confirmé l’attribution de cette peinture et nous a fourni généreusement de précieux éléments pour la rédaction de cette notice.



 
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