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Pascal Dagnan-Bouveret

Paris, 1852 – Quincey, 1929

 

Autoportrait au foulard rouge, 1869

 

Huile sur toile

30 x 25 cm

Annoté au verso : Dagnan Bouveret par lui-même / Collection / Robert Fernier / son élève

 

Provenance

Robert Fernier (1895-1977), élève de l’artiste

par descendance, collection particulière

 

Bibliographie

Catalogue des œuvres de M. Dagnan-Bouveret (peintures), Paris, 1930, cité p. 9 et 21

 

 

Fils d’un tailleur émigré au Brésil, Dagnan est élevé à Melun par son grand-père maternel Bouveret, ancien soldat de l’Empire. Installé modestement à Paris, il entre en 1869 à l’Ecole des beaux-arts. Déçu par un deuxième prix au concours de Rome en 1876, Dagnan-Bouveret quitte l’Ecole des beaux-arts deux ans plus tard. Disposant d’un atelier à Paris, puis à Neuilly, il séjourne cependant la plupart du temps chez ses beaux-parents à Passant-sur-Gorre, en pays franc-comtois. Après avoir exposé au Salon des tableaux mythologiques et des portraits, Dagnan change d’orientation en 1879 avec la présentation d’Une Noce chez le photographe (Lyon, musée des Beaux-Arts). Observateur attentif de la vie quotidienne, l’artiste trouve souvent son inspiration en Franche-Comté pour des scènes de genre, des paysages et même des natures mortes. En 1885, il connaît un succès éclatant avec ses Chevaux à l’abreuvoir (Chambéry, musée d’Art et d’Histoire), acquis par l’Etat. A l’issue de ce Salon, l’artiste séjourne en Bretagne ; il en tire les sujets de plusieurs tableaux, en particulier Le Pardon en Bretagne, exposé en 1887 (New York, The Metropolitan Museum), d’un réalisme impressionnant. Dans les années 1890, Dagnan-Bouveret s’oriente vers des sujets mystiques : Les Pelerins d’Emmaüs (Pittsburgh, Carnegie Museum) ou Consolatrix afflictorum (acquis par Henri Frick qui admirait l’artiste et lui commanda plusieurs portraits) en attestent. Dagnan-Bouveret parvient alors à concilier la grande tradition académique et la tendance naturaliste en y intégrant des préoccupations spirituelles qu’accentuent durant quelques années ses liens avec le milieu symboliste.

 

Les débuts de Dagnan-Bouveret furent difficiles : abandonné par son père qui lui supprime tout subside en 1866, l’artiste, possédé par la passion du dessin dès son enfance, est alors soutenu par son grand-père Bouveret. Celui-ci l’installe dans une petite chambre rue du Faubourg-Poissonnière, dans la maison de Corot, qui lui donne quelques conseils et lui aurait confié : « Mon petit ! il vaut mieux être un gentil agneau qu’un faux lion ! ». C’est de cette époque que date notre portrait, au temps où Dagnan-Bouveret se cherche, pinceaux en main, devant un miroir, dans une tonalité et une touche à la Delacroix. En 1869, l’artiste est finalement admis à l’Ecole des beaux-arts dans l’atelier d’Alexandre Cabanel puis dans celui de Jean-Léon Gérôme dont il devient l’un des élèves préférés. Il a pour condisciple Gustave Courtois, l’ami d’une vie entière, dont il épouse la cousine, ainsi que Jules Bastien-Lepage, en qui il reconnait un maître : son style évolue alors rapidement vers plus de réalisme. Artiste inquiet, très exigeant pour son art, Dagnan-Bouveret s’est représenté à de nombreuses reprises. Notre Autoportrait de 1869 est le premier d’une longue série parmi lesquels on peut citer l’autoportrait de 1876 (Vesoul, musée Georges Garret). On retrouve dans ces deux œuvres la barbe, la moustache, la masse de cheveux mais surtout ce regard magnifique et sans complaisance.



 
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