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Alessandro Magnasco

Gênes, 1667 – 1749

 

Etude de deux bergers

 

Plume, encre brune, lavis brun et blanc de plomb

207 x 270 mm

 

 

Né à Gênes, Alessadro Magnasco commence son apprentissage auprès de son père Stefano, avant de travailler dans l’atelier du peintre Filippo Abbiati à Milan. Il peint durant cette période une série de portraits aujourd’hui perdus. Mais il se tourne assez rapidement vers la peinture de genre, sous l’influence probable des œuvres de Salvatore Rosa ou de Jacques Callot, peuplée d’une multitude de petites figures fantastiques ou grotesques. Magnasco a également réalisé des œuvres religieuses importantes dont seule la Cène d’Emmaüs semble subsister (couvent de San Francesco d’Albaro). Hormis quelques séjours à Florence auprès du grand-duc de Toscane entre 1703 et 1709, Magnasco resta fidèle à Milan qu’il ne quitta qu’en 1735 pour mourir à Gênes une dizaine d’années plus tard.

 

Au cours de sa carrière, Magnasco a développé des échanges intenses avec des peintres comme Antonio Francesco Peruzzini (Ancône, vers 1646-Milan, 1724) - avec lequel il développe une véritable symbiose durant près de trois décennies - et d’autres Milanais comme le peintre de ruines Clemente Spera ou encore Carlo Antonio Tavella. Dans les paysages peints par ces artistes, Magnasco intègre des pèlerins, des bûcherons, des moines ou des lavandières qui rarement dépassent la hauteur de quelques centimètres. Pour réaliser ces figures, Magnasco s’est constitué un ensemble de dessins de figures dont notre feuille est un bon exemple. Notre étude de deux hommes nus, tenant des crosses sont des variations autour du thème du berger. Avec des traits rapides et nerveux, Magnasco explore ce thème en différente position, les plaçant dans un paysage dont il ne suggère que les rochers et le sol avec de large touches de lavis. Sa technique, presque toujours la même, à l’encre brune et à la gouache blanche sur papier épais et beige renforce l’effet général monochrome et accentue cette idée de « dictionnaire » de figures. Les mouvements convulsifs des corps aux traits pointus et les larges coups de pinceau qui rendent de manière synthétique les figures apparaissent dans plusieurs feuilles datées des deux premières décennies du XVIIIe siècle comme une Etude de quatre pèlerins conservée au musée des Beaux-Arts d’Orléans.

 

Nous remercions M. Piero Boccardo et Mme Fausta Franchini Guelfi qui nous ont aimablement confirmé l’attribution de ce dessin et nous ont généreusement fourni de précieux éléments pour la rédaction de cette notice.



 
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