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Pierre-Adrien Pâris

Besançon, 1745 – 1819

 

Le Théâtre et la Scala d’Acqua dans les jardins de la Villa Aldobrandini à Frascati, 1772

 

Pierre noire

310 x 190 mm

 

Elève dans un premier temps de son père architecte, Pâris est envoyé à Paris en 1760 pour y parfaire ses études auprès de l’architecte Louis-François Trouard. Malgré son échec au prix de Rome, il obtient une place à l’Académie de France à Rome grâce à l’appui de son maître. Séjournant au palais Mancini entre 1771 et 1774, il se lie avec les autres pensionnaires, notamment les peintres François-André Vincent et Simon Berthélemy. De retour en France, il accède en 1778 au poste de dessinateur du Cabinet du roi. Plus tard, en 1784, il ajoutera à cette fonction celle d’architecte des Menus-Plaisirs et, à ce titre, décore toutes les fêtes de la cour jusqu’en 1789. Alors qu’il s’est retiré en Normandie durant la Révolution, croyant sa carrière terminée, il est sollicité pour assurer l’intérim de la direction de l’Académie de France à Rome et, à partir d’octobre 1807, chargé d’assurer le transfert des antiques de la Villa Borghese jusqu’à Paris. De retour à Besançon en 1817, il décide de léguer sa collection à la Bibliothèque municipale. Composée notamment d’œuvres de Fragonard, Hubert Robert ou Boucher, la collection Pâris constitue aujourd’hui le cœur du prestigieux ensemble d’œuvres du XVIIIe siècle du musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon.

 

Pâris a laissé de nombreux souvenirs de son premier voyage en Italie : dessins, plans mais aussi un journal[1] qui nous permet de dater précisément le séjour que l’artiste fait à Frascati, principal lieu de villégiature de la noblesse romaine : il y séjourne du 14 septembre au 3 octobre 1772, revient à Rome une semaine car il est malade, avant de revenir à Frascati du 8 au 16 octobre ; nous apprenons même qu’il est reçu le 13 octobre par le prince Aldobrandini pour prendre un chocolat dans le casino de la villa ! L’intérêt de la visite à Frascati était, notamment, la possibilité de visiter la fameuse villa Aldobrandini dite du Belvédère, construite au début du XVIIe siècle d’après des dessins de Giacomo della Porta par Giovannia Fontana et Carlo Maderno pour le cardinal Pietro Aldobrandini, neveu du pape Clément VIII. Cette villa est surtout réputée pour ses jardins qui se développent sur une succession de terrasses superposées, ornés de fontaines et de jets d’eau. De son séjour dans ces lieux enchanteurs, Pâris rapportera de nombreux relevés précis qu’il utilisera pour réaliser deux grands plans de la villa et de ses jardins, aujourd’hui conservés à la Bibliothèque municipale de Besançon[2]. Mais il a également dessiné sur le vif, à la pierre noire, un ensemble de feuilles dont la plupart sont également conservées à Besançon[3]. Notre dessin, inédit, permet de compléter ce dossier ou toutes les feuilles présentent la même attention au détail dans le rendu de l’architecture et une manière similaire de traiter les feuillages par une accumulation de petits points.

 

Le lieu le plus emblématique de la villa Aldobrandini est le Teatro delle Acque, un vaste hémicycle situé derrière le palais, décoré de colonnes richement sculptées et de niches peuplées de statues d’où s’échappaient toutes sortes de jets d’eau. Pâris l’a représenté à trois reprises dans des feuilles conservées à Besançon (Besançon, Bibliothèque municipale) et dans notre dessin. Ici, Pâris se concentre plus particulièrement sur la niche centrale occupée par une statue d’Atlas portant le monde et, par derrière, sur la Scala d’Acqua, ce fameux escalier d’eau surmonté de deux colonnes, symbolisant les colonnes d’Hercule. C’est la fusion entre l’architecture, la nature environnante et les jets d’eau qui faisait tout le charme de cet endroit et qui retient toute l’attention de l’artiste. On peut remarquer qu’il s’intéresse précisément aux fontaines, comme celle sur la balustrade, avant la Scala d’Acqua ou celle de la niche de droite. Si le lieu existe toujours, les fontaines, hélas, ont cessé de nous enchanter.

 


[1] Besançon, Bibliothèque municipale, Fonds Pâris, ms. 6.

[2] Besançon, Bibliothèque municipale, Fonds Pâris, vol. 480, n°65 et vol. 481, n°80.

[3] Idem, volume 480, n°66 à 70 et 73.



 
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