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Salomon Corrodi

Fehraltorf, 1810 – Côme, 1892

 

Le Colisée, l’Arc de Constantin et la Via Sacra, 1833

 

Aquarelle

268 x 382 mm

Signé et daté : S. Corrodi Rom 33

 

Élève du peintre paysagiste Johan Jakob Wetzel à Zürich, Salomon Corrodi s’installe à Rome en 1832. Introduit par son compatriote Johann Kaspar Weidenman dans les prestigieux cercles artistiques internationaux de la capitale papale, Corrodi compte parmi ses premiers acheteurs le sculpteur Bertel Thorvaldsen et travaille aux côtés de Franz Catel, le célèbre peintre paysagiste. C'est auprès de ce derniere qu’il comprend l’importance de l’étude directe de la nature, tandis que Johann Christian Reinhart et Joseph Anton Koch lui montrent l’importance du paysage héroïque. En 1845, l’artiste se place sous le patronage du tsar Nicolas Ier de Russie et reçoit des commandes de l’aristocratie russe, anglaise et italienne. Le grand prestige artistique qu’il acquiert à Rome lui vaut d’être nommé président, entre 1853 et 1856, du « Kunstler-Verein in Rom », l’association des artistes allemands fondée par Catel en 1845. Dans les années suivantes, les relations avec les cours européennes deviennent de plus en plus fréquentes : en 1863, lors d’un voyage en Angleterre, il est présenté par Wintherhalter à la reine Victoria qui lui commande un cycle de vues italiennes.

 

Datée de 1833, notre aquarelle date des premiers temps du séjour de l’artiste à Rome. Ici, l’artiste se place à côté du Colisée, avec à sa gauche l’arc de triomphe de Constantin. Au centre, entre les deux monuments, les restes de la Meta sudans (la « borne qui suinte » en latin), une fontaine monumentale de forme conique, rappelant les bornes que les chars devaient contourner en bout des pistes des cirques et qui faisait office de fontaine pour les gladiateurs du Colisée. Les vestiges du noyau de brique que l’on peut voir ici furent détruits en 1933-1936 pour faciliter les défilés fascistes allant du Circus maximus à la Via dei Fori Imperiali. Au fond, au centre, l’arc de Titus, le Capitole, le campanile de Sainte-Françoise-Romaine et les imposantes ruines du temple de Vénus et Rome. On peut remarquer à droite de la Meta sudens une procession religieuse se dirigeant vers le Colisée. On peut donc supposer que ce dessin a été réalisé durant la période de Pâques durant laquelle le Colisée était utilisé comme chemin de croix. Cette étude évocatrice et lumineuse du Forum romain est réalisée grâce à une compréhension approfondie des effets atmosphériques de la lumière et de la couleur. Avec une technique raffinée et élégante, Corrodi nous donne une image fine et évocatrice de la Rome du milieu du XIXe siècle.



 
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