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François Bonvin

Vaugirard, 1817 – Saint-Germain-en-Laye, 1887

 

Jeune fille lisant, 1850

 

Fusain et rehauts de craie blanche sur vélin chamois

420 x 312 mm

Signé et daté en bas à gauche : f. Bonvin. 1850

 

 

Fils d’un ancien garde-champêtre établi comme aubergiste à Vaugirard, François Bonvin hésitera longtemps avant de quitter son emploi à la préfecture de police. C’est pendant son temps libre qu’il se forme au Louvre en copiant les maîtres flamands et hollandais. Inscrit en 1843 à l’Académie Suisse, il expose l’année suivante ses aquarelles à l’éventaire d’un marchand installé sous les arcades de l’Institut et, en 1847, il est enfin accepté au Salon ; il y exposera jusqu’en 1880. A la brasserie Andler, il fréquente Courbet ainsi que les critiques Champfleury et, plus tard, Castanary. Homme de conviction, Bonvin expose en 1859 dans son atelier les œuvres des artistes de la jeune génération refusés au Salon : Ribot, Whistler, Fantin-Latour et Legros. En 1849, son Cuisinier lui vaut une médaille de troisième classe ; il est à nouveau médaillé en 1851 et son Ecole de jeunes filles est alors acquis l’Etat. Son réalisme, qui puise chez Chardin, Le Nain et les Hollandais du Siècle d’or, emporte l’adhésion de Thoré et de Champfleury qui exhument alors ces artistes. En 1867, Bonvin visite pour la première fois les Pays-Bas et, en 1870, part se réfugier à Londres. Ses dernières années sont assombries par la maladie et les soucis financiers et il ne profite guère de l’exposition organisée par ses amis pour lui venir en aide en 1887, l’année de sa mort.

 

A partir du milieu des années 1840, Bonvin réalise une série de dessins montrant les occupations féminines les plus diverses et les plus simples de la vie quotidienne. Il mérite bien le titre de « peintre de la famille » que lui donnait affectueusement l’écrivain Champfleury en 1849. Œuvres finies en elles-mêmes, la plupart du temps signées et datées, ces études représentent un aspect majeur du travail de l’artiste et ne constituent jamais de simples études préparatoires pour des tableaux. Ici, Bonvin nous montre une jeune femme, simplement habillée et coiffée d’un bonnet blanc – une servante probablement –, en train de feuilleter un livre posé sur ses genoux. Nul décor, nul arrière-plan ne viennent distraire l’œil ; seuls comptent l’éclairage, le jeu des ombres et de la lumière. Comme chez Chardin, un artiste particulièrement étudié par Bonvin, la sobriété de la composition renforce l’impression de silence, de concentration que l’on retrouve souvent chez l’artiste à cette époque. Notre feuille peut être rapprochée de plusieurs œuvres réalisées en 1848-1850 et notamment de Femme raccommodant, daté 1849 (fusain et rehauts de craie blanche, 402 x 287 mm, Oxford, Asmolean Museum) ou de La Balayeuse, daté de la même année (fusain et rehauts de craie blanche, 381 x 292 mm, Glasgow, Kelvingrove Art Gallery and Museum)[1].

 


[1] G. Weisberg, Bonvin, Paris, 1979, p.256-259, n°227-233 et notamment les n°227-228.



 
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