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Vicenzo Camuccini

Rome, 1771 – 1844

Pâris enfant confiée par Agélaos à des bergers, vers 1796

Huile sur toile marouflé sur carton
24,4 x 36 cm

Provenance
Mariano Francisco Téllez-Giron, XII duc d’Osuna (1814-1882)
Sa veuve, Maria Leonor de Salm-Salm, XII duchesse d’Osuna puis duchesse de Croÿ-Dülmen (1842-1891)
Son époux, Rodolphe Maximilian Constantin, XI duc de Croÿ-Dülmen (1823-1902)
Paris, Drouot (Arcole), 18 décembre 1992, n°8 (comme entourage de Mariano Salvador de Maella)

Œuvre en rapport
Pâris enfant confiée par Agélaos à des bergers, plafond de la salle d’Hélène et Pâris, Villa Borghese, Rome, 1796


L’éducation artistique de Vincenzo Camuccini est due à la volonté de son frère aîné Pietro, restaurateur d’antiques, collectionneur et marchand d’art, qui oriente son frère vers l’atelier de Domenico Corvi, tandis qu’Ennio Quirino Visconti se chargeait de lui faire connaître la sculpture antique. Camuccini est parmi les premiers à accueillir le sévère enseignement et l’inspiration de David dont le Serment des Horaces est exposé à Rome en 1785. Il n’a que vingt-deux ans quand, en 1793, il conçoit La Mort de César pour Lord Bristol, qu’il détruit ensuite de ses propres mains ; la seconde version (1816-1817) et son pendant, La Mort de Virginie, sont réalisés pour le roi de Naples (Naples, musée de Capodimonte). Entré à l’Académie de Saint-Luc en 1802 – il en sera le Prince entre 1806 et 1810 –, Camuccini s’affirme comme le représentant le plus en vue du néoclassicisme italien. Il multiplie alors les charges publiques : en 1803, Pie VII le nomme directeur du Cabinet des Mosaïques de Saint-Pierre ; plus tard, Pie VIII lui confie la réorganisation de la Pinacothèque du Vatican. A côté de son activité de peintre d’histoire renommé, Camuccini se rend également fameux comme portraitiste de talent (Thorvaldsen, 1808, collection particulière ; Marie-Louise de Bourbon, reine d’Etrurie, Florence, Galleria d’arte moderna).

A partir de 1774, Marcantonio IV Borghese lance un vaste chantier de décoration dans la Villa Borghese, sous la direction de l’architecte Antonio Asprucci. C’est au peintre écossais Gavin Hamilton qu’est confié, en 1782, le soin de décorer le plafond et les voussures de la salle XIX dite d’Hélène et Pâris. Mais, pour une raison inconnue, une partie de ce décor ne semble pas avoir convenu au prince qui demande à Giovanni Piancastelli et à Camuccini de reprendre les voussures. Ce dernier peint alors Pâris enfant confié par Agelaos aux bergers, mis en place en 1796. Le sujet, choisi par l’artiste avec l’aide d’Asprucci et de son ami Ennio Quirino Visconti, s’inspire du récit de la Bibliothèque d’Apollodore (Livre III, XII, 5). Enceinte de Pâris, Hécube rêve qu’elle donne naissance à un tison enflammé. Le roi Priam, son époux, considérant ce rêve comme un mauvais présage pour la ville de Troie, ordonne que son fils soit abandonné dans la campagne pour être dévoré par les bêtes sauvages. Mais Agélaos, le serviteur chargé de cette besogne, découvre Pâris bien vivant cinq jours après l’avoir abandonné ; il confie alors l’enfant à une famille de bergers, qui vont l’élever.

Une des premières commandes importantes pour le jeune Camuccini, celle-ci est soigneusement préparée par l’artiste. Un premier dessin (collection des héritiers de l’artiste, Cantalupo Sabina) a permis de mettre en place une première combinaison des personnages tandis qu’un second dessin (collection particulière) montre la composition définitive, avec les angles abattus comme dans l’œuvre réalisée. Ici, l’enfant Pâris est dirigé vers la droite et semble glisser vers les bras de la bergère qui va se charger de son éducation. Nous retrouvons cette proposition dans notre esquisse, inédite, et qui doit avoir été l’œuvre présentée au commanditaire ou à ses représentants pour validation. Mais la position de l’enfant, centrale dans la composition, ne parait pas avoir plu et très rapidement, Camuccini modifie cet aspect pour présenter Pâris vers la gauche, solidement placé dans les bras d’Archélaos. C’est cette composition que l’on retrouve dans d’autres dessins et esquisses et qui sera finalement réalisée à la Villa Borghes. L’exécution rapide et brillante, où les traits du dessin sont à peine couverts par des touches espacées et sûres, est typique des meilleures ébauches de Camuccini. Notre esquisse conserve cette fraicheur et cette immédiateté, domptées, en revanche, dans l’œuvre achevées, par la rigueur d’un soin impeccable.

Nous remercions M. Francesco Leone qui nous a aimablement confirmé l’attribution de cette peinture et nous a fourni généreusement de précieux éléments pour la rédaction de cette notice. Une notice complète rédigée par M. Leone et datée du 20 février 2020 accompagne cette œuvre.



 
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