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Vicenzo Camuccini

Rome, 1771 – 1844

 

Pâris enfant confiée par Agélaos à des bergers, vers 1796

 

Huile sur toile

50 x 73 cm

 

Œuvre en rapport

Pâris enfant confiée par Agélaos à des bergers, plafond de la salle d’Hélène et Pâris, Villa Borghese, Rome, 1796

 

L’éducation artistique de Vincenzo Camuccini est due à la volonté de son frère aîné Pietro, restaurateur d’antiques, collectionneur et marchand d’art, qui oriente son frère vers l’atelier de Domenico Corvi, tandis qu’Ennio Quirino Visconti se chargeait de lui faire connaître la sculpture antique. Camuccini est parmi les premiers à accueillir le sévère enseignement et l’inspiration de David dont le Serment des Horaces est exposé à Rome en 1785. Il n’a que vingt-deux ans quand, en 1793, il conçoit La Mort de César pour Lord Bristol, qu’il détruit ensuite de ses propres mains ; la seconde version (1816-1817) et son pendant, La Mort de Virginie, sont réalisés pour le roi de Naples (Naples, musée de Capodimonte). Entré à l’Académie de Saint-Luc en 1802 – il en sera le Prince entre 1806 et 1810 –, Camuccini s’affirme comme le représentant le plus en vue du néoclassicisme italien. Il multiplie alors les charges publiques : en 1803, Pie VII le nomme directeur du Cabinet des Mosaïques de Saint-Pierre ; plus tard, Pie VIII lui confie la réorganisation de la Pinacothèque du Vatican. A côté de son activité de peintre d’histoire renommé, Camuccini se rend également fameux comme portraitiste de talent (Thorvaldsen, 1808, collection particulière ; Marie-Louise de Bourbon, reine d’Etrurie, Florence, Galleria d’arte moderna).

 

A partir de 1774, Marcantonio IV Borghese lance un vaste chantier de décoration dans la Villa Borghese, sous la direction de l’architecte Antonio Asprucci. C’est au peintre écossais Gavin Hamilton qu’est confié, en 1782, le soin de décorer le plafond et les voussures de la salle XIX dite d’Hélène et Pâris. Mais, pour une raison inconnue, une partie de ce décor ne semble pas avoir convenu au prince qui demande à Giovanni Piancastelli et à Camuccini de reprendre les voussures. Ce dernier peint alors Pâris enfant confié par Agelaos aux bergers, mis en place en 1796. Le sujet, choisi par l’artiste avec l’aide d’Asprucci et de son ami Ennio Quirino Visconti, s’inspire du récit de la Bibliothèque d’Apollodore (Livre III, XII, 5). Enceinte de Pâris, Hécube rêve qu’elle donne naissance à un tison enflammé. Le roi Priam, son époux, considérant ce rêve comme un mauvais présage pour la ville de Troie, ordonne que son fils soit abandonné dans la campagne pour être dévoré par les bêtes sauvages. Mais Agélaos, le serviteur chargé de cette besogne, découvre Pâris bien vivant cinq jours après l’avoir abandonné ; il confie alors l’enfant à une famille de bergers, qui vont l’élever.

 

Une des premières commandes importantes pour le jeune Camuccini, celle-ci est soigneusement préparé par l’artiste par des dessins et des esquisses[1]. On conserve également trois peintures achevées dont le statut est soit celui d’esquisse achevée, soit celui de ricordo. Ces trois peintures, de même dimensions (environ 43 x 64 cm), sont conservés à l’Accademia nazionale di San Luca à Rome[2], dans la collection des descendants de l’artiste au palais Camuccini à Cantalupo Sabina et dans une collection privée de Chicago[3]. Notre tableau, inédit, présente la particularité d’être d’un format plus grand (50 x 73 cm) et de proportions légèrement carrées : le premier plan et le ciel sont plus développées ici. Cette proportion semble plus proche de l’œuvre définitive et notre tableau pourrait donc être l’esquisse achevée présentée au commanditaire ou à ses représentants pour validation. L’exécution brillante, où les traits du dessin sont à peine couverts par des touches sûres, est typique des meilleures ébauches de Camuccini.

 

Nous remercions M. Francesco Leone qui nous a aimablement confirmé l’attribution de ce dessin et nous a fourni généreusement de précieux éléments pour la rédaction de cette notice. Une notice complète rédigée par M. Leone et datée du 6 février 2020 accompagne cette œuvre.

 


[1] Deux dessins et une esquisse sont conservés dans la collection des héritiers de l’artiste : Vincenzo Camuccini (1771-1844), bozzetti e disegni dallo studio dell’artista, Rome, Galleria nazionale d’arte moderna, 1978, p. 19-21, n°44, 45 et 46.

[2] Il Neoclassicismo in Italia: da Tiepolo a Canova, Milan, Palazzo Reale, 2002, n°VIII6.

[3] Art in Rome in the eighteenth century, Philadelphie, 2000, n°196.



 
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