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André Saglio dit Jacques Drésa

Versailles, 1869 – Paris, 1929

 

Les giroflées blancs ou Nature morte au bougeoir, vers 1910-1914

 

Huile sur carton

45,5 x 30,5 cm

Signé en bas à gauche : Dresa

 

Né à Versailles, André Saglio grandit dans une famille d’artistes et d’intellectuels : son père Edmond est conservateur au Louvre puis directeur du musée de Cluny entre 1893 et 1903, son grand-oncle est le peintre Ernest Chartron et Alfred de Curzon, un cousin. En 1889, le jeune Saglio débute une carrière administrative comme commissaire d’expositions au Ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts. Chargé plus spécialement des rapports avec l’Amérique du nord, il se lie au travers de cette activité avec de nombreux artistes comme ceux du groupe dit de « la Bande noire » (Lucien Simon, André Dauchez, Charles Cottet). Très proche de René-Xavier Prinet et de Georges Desvallières, il voyage avec eux en Italie, en Espagne ou en Algérie. En 1910, devenu ami de Jacques Rouché, directeur du Théâtre des Arts, Saglio entame une nouvelle carrière de décorateur sous le nom de Drésa. Il réalise alors les décors et costumes pour des pièces aussi différentes que Le Sicilien ou l’Amour peintre de Molière, La Nuit persane de Jean-Louis Vaudoyer ou Ma mère l’Oye de Ravel. Désormais figure du Tout-Paris mondain, on retrouve cet aimable causeur dans les meilleurs salons, chez Marguerite de Saint-Marceaux, chez Misia Sert avec Cocteau. Toujours avant la première guerre mondiale, Drésa devient également l’un des meilleurs collaborateurs de la Gazette du bon ton avec Georges Barbier ou Georges Lepape. Après la guerre – il est blessé au front en 1916 -, Drésa renoue avec Jacques Rouché, devenu directeur de l’Opéra de Paris. Jusqu’à sa mort en 1929, Drésa réalise alors pour cette institution décors et costumes. Comme le dit si bien un critique, « M. Drésa est un Janus bifrons : d’une part, le fonctionnaire qui porte en tout son air la gravité de son état : de l’autre, un masque de fantaisie, un travesti plaisant et léger »[1].

 

A côté des illustrations, décors, cartons de tapisserie, dessins sur étoffes ou maquettes de meubles, Drésa a également peint et dessiné au pastel et à l’aquarelle. En mars 1914, une exposition d’une centaine de ses œuvres à la galerie Druet remporte un grand succès critique. Drésa exécute alors des paysages et des natures mortes mais également des fleurs comme notre bouquet. Sur un coin de cheminée, un vase bleu contient un bouquet de giroflées blanches posé aux côtés d’un bougeoir monté en lampe et d’une petite coupe de porcelaine, sur fond de miroir. La touche rapide et grasse du pastel rend tout à la fois le jeu des formes et l’irisation de la lumière sur les objets. On trouve ici un goût pour les plus humbles choses du quotidien, où, comme chez Chardin, il s’agit d’être virtuose dans le rendu des matières.

 


[1] Art décoration, n°4, avril 1914.



 
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