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Eugène Isabey

Paris, 1803 – Montévrain, 1886

 

La Tour royale à Toulon, 1830

 

Huile sur carton

29,2 x 41,9 cm

Timbre de l’atelier en bas à droite (Lugt 1401b)

 

Provenance

Atelier de l’artiste

Vente de l’atelier, Paris, Hôtel Drouot, 30-31 mars 1887, n°95 (260 fr.), acquis par

Henri Rouart (1833-1912)

Vente de sa collection, Paris, Hôtel Drouot, 21-22 avril 1913 n°150 (1220 fr.)

M. Bioche, Le Vésinet

Galerie John Mitchell, Londres

Paris, collection particulière

 

Bibliographie

P. Miquel, Eugène Isabey, La Marine au XIXe siècle, Maurs-la-Jolie, 1980, n°407, p. 122

 

Fils de Jean-Baptiste, célèbre miniaturiste, Eugène Isabey est formé par ce dernier ainsi que par son beau-frère, Pierre-Luc-Charles Cicéri, décorateur à l’Opéra. Familier d’Eugène Delacroix dans les années 1820, il est aussi l’ami intime de Bonington dont l’influence sera manifeste tout au long de sa carrière. En 1820, Isabey fait son premier voyage en Normandie, où il reviendra sans cesse, et en Angleterre, d’où il rapporte l’art de dessiner à l’aquarelle. Quatre ans plus tard, il débute au Salon avec des marines qui lui valent d’emblée une médaille de première classe. Dès lors, Isabey ne cesse de pratiquer ce genre où se trouve le meilleur de sa production. En dramaturge romantique, il se spécialise notamment dans d’immenses scènes de naufrage comme L’Incendie du steamer Austria en 1858 (Bordeaux, musée des Beaux-Arts). Proche d’Alexandre Dumas, Isabey se réfère également à l’histoire pour composer de grandioses scènes de bals, de duels, de cérémonies religieuses et de cabinet d’alchimistes qui font sa fortune sous la monarchie de Juillet et le second Empire. Par la variété de son langage expressif, Isabey exercera un ascendant direct sur Eugène Boudin et Johan Barthold Jongkind, à qui il apprendra à traduire la luminosité de l’atmosphère, constituant l’un des principal chaînon reliant le paysage romantique à l’Impressionnisme.

 

C’est au printemps 1830 qu’Isabey, récemment nommé « Peintre officiel de la Marine », se rend à Toulon, afin de représenter la flotte française sur le point de se lancer dans l’expédition militaire vers l’Afrique du Nord ordonnée par Charles X qui aboutira à la prise d’Alger le 9 juillet. A l’occasion de ce voyage, Isabey peint un grand panorama Vue générale de la rade de Toulon et de la flotte française pour l’expédition d’Afrique (localisation inconnue) et notre esquisse. Ici, l’artiste a représenté la tour royale de la rade de Toulon : également nommée Grosse tour, la tour royale est une tour à canons édifiée à la pointe de Pipady au bout du cap de la Manègue à partir de 1513 à l’initiative de Louis XII, afin de protéger la rade des intrusions ennemies. C’est le premier ouvrage d’une longue série de forts destinés à protéger ce lieu stratégique qu’est la rade de Toulon, depuis toujours lieu de concentration de la flotte de guerre française. Faisant preuve d’une technique maîtrisée dans une parfaite économie de moyens, Isabey illustre de manière précise les variations de l’eau dans des teintes allant du gris au bleu turquoise, ou bien encore le ciel parcouru de nuages, le tout illuminé par une lumière ensoleillée typique du bassin méditerranéen. Ayant fait partie de la prestigieuse collection Henri Rouart (1833-1912), ami et collectionneur des impressionnistes, notre Tour royale à Toulon est typique de cette manière de regarder différemment le spectacle de la nature qui constitue l’essence de l’art d’Isabey.



 
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